
En lisant le livre de Laurence Tardieu, je suis passée par tous les synonymes, avec les différentes nuances de l’adjectif poignant, c’est-à-dire : attendrissant, bouleversant, cuisant, déchirant, dramatique, émouvant, impressionnant, navrant, oppressant, palpitant, pathétique, saisissant, touchant, tragique, vibrant.
Oui, je connais la règle des trois adjectifs, mais pour ce texte, ce n’est pas possible.
Oui, oppressant aussi. J’ai eu, je vous le confesse, besoin d’une pause, d’un livre tampon.

Il veut être oppressant le livre dans la répétition et les listes, longues, des infortunes.
La vie est aussi souffrance, perte, deuil ; je l’ai appris vers mes 40 ans, dans un hôpital, exactement à la même période que le petit garçon gravement malade de Laurence Tardieu et de ses proches, durant la période Covid-Pandémie-Isolement.
L’autrice parle avec tendresse et pudeur de la maladie, des familles brisées par la douleur, du deuil, de la perte, mêlant des instants intimes aux bouleversements du monde. Elle parle des « batailles de la vie ».
Quel est le niveau de souffrance que nous pouvons encaisser ? se demande l’écrivaine.
Ce récit des ombres et des lumières est aussi un hymne à l’écriture comme forme de partage.
Je crois de toutes mes forces que : « La Lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point comprise » [Jean 1,5].
J’ai apprécié ce livre de vérité et de colère pour voir à nouveau la Lumière grâce aux mots.