Le marais aux pieuvres / Pauline Parent / La Singulière

Je ne sais plus exactement ce qui m’a donné envie de lire ce livre, les raisons peuvent même être multiples : Un premier roman, par ici on adore les bébés autrices, ou le titre et la couverture mais ça ne suffirait pas à expliquer le besoin que j’ai eu de lire ce livre.

On peut rajouter, peut-être l’amour pour la découverte de nouvelles ME et la biographie de l’autrice qui mentionne Sciences Po, comme moi et une autrice que j’adore et archéologie, comme une écrivaine qui me fascine et comme moi j’aurais pu, avec un peu plus de courage ! Mystère.

Mon intuition, appelons la ainsi, était bonne l!L’ histoire et l’écriture sont immersives, et oui cette lecture est immersive. C’est comme une illustration dessinée avec des mots. La manière d’écrire de Pauline Parent est sensorielle et intense. Nous suivons une histoire fantasmagorique qui émane la réalité. Cluster, épidémie, pollution, capitalisme qui gagne sur l’importance de la vie, éco-anxiété, nous connaissons tout ça en vrai ! Virginie est infirmière en pédiatrie et son mari travaille à la « raffinerie », ce conglomérat qui fait vivre et mourir Clerdun. Les enfants, meurent sans cause apparente, de plus en plus soudainement. Virginie, l’infirmière côtoie constamment les décès des plus petits et Virginie la femme est enceinte et pourrait donner la vie, mais quelle vie ?.

Et puis, il y a les pieuvres qui sont partout dans le marais au fond du jardin, ces créatures veulent transmettre un message que seulement Virginie comprend, les autres ne le peuvent ou ne le veulent pas l’entendre et encore moins l’écouter. Ce roman à l’atmosphère toxique met en avant le subtil élixir qui peut conduire à la clairvoyance ou à la folie.

Avec une écriture sensible l’angoisse monte page après page dans ce résumé de quelques-uns des maux d’un ville-monde. Je suis contente de cette lecture qui nous confronte au pessimisme de la raison (oui je sais je trouve Gramsci même dans un beau roman d’anticipation) Le travail d’édition et illustration sont remarquables et j’ai adoré la « version électronique » du roman qui est livrée avec une clé USB à forme de petite bouteille, un vrai et mignon : « Message in a Bottle ».

Je vous assure c’est trop joli et j’admire la brillante idée. Je vous lance le mien de message : « N’hésitez pas et n’attendez pas, il faut lire ce livre qui nous révèle la folie de notre société de manière accablante et vivifiante. »

Pour marque-pages : Permaliens.

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