
Paris se vit par ses terrasses. On s’y assoit, on y partage. Des tranches de vie se découpent sur des tables de bistrot et des chaises Drucker. Je joue souvent comme l’auteur a épier les voisins de table et soit en pécher quelque fils d’intimité, soit broder les autours de leurs vies.
Tous ces destins qui enchevêtrent, qui se culbutent dans ce lieu frontière entre bistrot et rue, expliquent combien d’auteurs aiment s’y poser pour gratter quelques lignes de leur prochain roman.
J’ai vraiment apprécié ce livre qui plonge dans ce plaisir un peu coupable. Chaque nouvelle est une rencontre avec un couple, un habitué, des étrangers qui se jaugent, des copains qui blaguent, des âmes qui s’attirent.
Mais il n’y a pas que Paris dans ce livre, les terrasses vont du Marais à Compostelle, une sorte de pèlerinage de l’humanité qui se cherche dans l’autre.
Il y aurait un ravissement pervers à lire ces évocations de vie urbaine allongé sur une plage. Mais un plaisir auquel je vous invite fortement.

