Un café avec Karine Tuil

Un café avec Karine Tuil donne lieu a un moment d’échange et de partage.

J’ai découvert une personne que j’aime beaucoup.

Karine Tuil incarne une voix singulière de la littérature contemporaine. Dans ses romans, elle explore avec une profondeur saisissante les complexités des relations humaines et les enjeux de notre époque. Elle s’attache à dépeindre des personnages aux prises avec des dilemmes moraux, des luttes intérieures et des quêtes d’identité, chaque mot résonnant comme un écho de la réalité qui nous entoure.

Son écriture, à la fois élégante et incisive, capte les nuances de l’émotion humaine. À travers des récits captivants, Karine nous entraîne dans un monde riche en conflits et en révélations, nous confrontant à nos propres ombres et à nos aspirations. Elle manie avec maestria les fils de la narration, créant une atmosphère palpable où le lecteur se sent témoin et acteur des tourments de ses protagonistes.

Les thèmes de la famille, de la trahison et de la recherche de sens parcourent son œuvre, tissant une toile complexe qui met en lumière dans son dernier roman les ombres et les lumières du monde politique et de celui du cinéma mais attention l’une des protagonistes est une écrivaine ! que je ne suis pas la seule à apprécier tout particulièrement.

Je vous laisse découvrir un peu plus l’univers de Karine Tuil et je vous invite à aussi dévorer ses livres.

Quand on tombe amoureux, on se relève attaché – Boris Cyrulnik chez Odile Jacob

Dans les rayons de la vaste librairie des émotions humaines, Boris Cyrulnik vient de déposer un ouvrage lumineux, « Quand on tombe amoureux, on se relève attaché ». L’auteur, maître de l’âme et explorateur des cœurs, nous propose un voyage où chaque page devient une fenêtre ouverte sur les méandres de l’affection et de l’attachement.

C’est un livre qui se lit à la manière d’une conversation délicate sur les mystères du lien amoureux. Cyrulnik, connu pour son approche à la fois scientifique et profondément humaine des psychés tourmentées, aborde avec finesse l’intimité de nos attachements. Il nous rappelle combien l’amour est un art subtil qui s’apprend au gré des premières expériences de tendresse ou de leur absence.

Dans un style empreint de cette élégance narrative qu’on lui connaît, Cyrulnik peint le tableau contrasté des âmes, oscillant entre la soif d’amour et la crainte de l’abandon. Chaque réflexion devient alors un miroir tendu où chacun est invité à déceler ses propres résonances affectives, à les comprendre pour mieux se libérer.

Lire Cyrulnik, c’est accepter de plonger dans un océan d’émotions où la raison trouve aussi sa place, une danse entre science et poésie. Ses pages résonnent d’une douce mélodie où l’amour, loin d’être un simple sentiment, se révèle être une construction complexe, délicate et profondément ancrée dans notre histoire personnelle.

En quittant cet ouvrage, une question persiste, délicate invitation à la réflexion : et si l’amour, dans ses tourments et ses exaltations, trouvait son véritable essence dans la liberté de renaître ?

« Quand on tombe amoureux, on se relève attaché » est une ode au délicat équilibre entre attachement et indépendance, un livre indispensable pour tout lecteur en quête de compréhension et de beauté.

Moi et vous, moi et eux, moi et les livres.

Vous me demandez souvent comment j’en suis arrivée à ce niveau de passion pour les livres :

La littérature a fait partie de ma vie très tôt, tout comme l’amour pour la nature et les fleurs transmis par ma grand-mère, et la passion pour les voyages initiée par ma tante. Cette passion a été poursuivie grâce à mon engagement politique et à une certaine idée de l’international. J’ai aussi effectué des voyages humanitaires quand je le pouvais.

La philosophie, la sociologie, l’histoire, et les sciences politiques font partie de ma construction personnelle et m’ont en partie appris à lire le monde, à en apprécier les richesses humaines et sa diversité si importante. Emily Brontë… Oui, toujours… et faites attention au nom du Bichon….

Aujourd’hui, mes chats, mes British Shorthair, sont des compagnons fidèles de lecture. J’ai accompli des choses formidables en fauteuil roulant ♿️. Dans la vidéo, il y a juste un échantillon.

J’ai une folle envie de marcher, mais je pense à celles et ceux qui ne le pourront jamais et je calme mes ardeurs…

J’aime aussi l’art, le cinéma, et je peux facilement disparaître pour un marathon de séries.

La littérature reste mon monde, ma passion, ma vie, un métier-amour. Je le dois à ma famille, à mes rencontres, à la beauté de l’immense bibliothèque de ma meilleure amie et aujourd’hui à vous toutes et tous ici et sur mon blog. 

Je vous aime !

Entretien avec Juliet Drouar

J’ai rencontré Juliet Drouar dans un café parisien.

Nous avons discuté, ri ensemble et confronté nos expériences de vie.

Nos vie sont différentes et pourtant ses combats résonnent énormément en moi.

Juliet Drouar est un·e auteur·e, thérapeute et chercheur·e engagé·e dans l’exploration des dynamiques de pouvoir et de domination. Iel est connu·e pour son approche interdisciplinaire qui mêle des réflexions sur l’intime et le politique. Après avoir codirigé l’ouvrage marquant *La culture de l’inceste* (Seuil, 2022), Juliet Drouar a poursuivi son exploration littéraire en publiant *Cui-Cui*, son premier roman.

Dans cette œuvre dystopique se déroulant en 2027, iel nous plonge dans la peau d’un·e adolescent·e victime d’inceste, abordant des thèmes essentiels tels que le droit de vote des mineur·es et les enjeux sociopolitiques qui l’entourent. Cui-Cui se distingue par son écriture intense et incisive, alliant humour et un style direct.

C’est un roman que j’ai beaucoup aimé et que j’ai offert aussi.

Juliet Drouar a également écrit des essais significatifs, notamment Sortir de l’hétérosexualité 2021), qui interroge les normes imposées de l’hétérosexualité, un livre qui questionne et interroge.

À travers ses récits, Juliet Drouar nous touche, non seulement par la réflexion intellectuelle, mais surtout par un partage émotionnel profond, incarnant ainsi une démarche qui mêle l’expérience personnelle à la conscience sociale. Iel continue d’explorer des sujets essentiels, mêlant fiction et réalité pour un plaidoyer puissant en faveur des droits des plus vulnérables.

Merci Juliet d’avoir partagé ce moment qui aurait pu durer des heures et des heures avec moi ❤️

Ravagés de splendeur, Guillaume Lebrun, Christian Bourgois

Ravagés de splendeur, Guillaume Lebrun, Christian Bourgois

Dans un ballet littéraire audacieux et flamboyant, Guillaume Lebrun nous transporte à Rome, au commencement du IIIe siècle. 

À la croisée des chemins entre l’histoire et la mythologie, l’auteur donne vie à Héliogabale, empereur iconoclaste dont le règne tumultueux devient le symbole d’une quête de liberté  tragique.

Héliogabale est une figure de transgression, un miroir troublant qui reflète nos propres luttes contemporaines autour du genre et de l’identité. 

À travers son amour révolutionnaire pour Aquilia, la Grande Vestale, et un ancien esclave Hiérocès, Lebrun dépeint un monde où les normes sont sans cesse défiées.

Les scènes d’amour, délicieusement explicites et sensualisées, sont des éclats de passions brutes. Elles s’épanouissent telles des fleurs vénéneuses, alliant tendresse et audace, tendant à éveiller les sens du lecteur. 

L’auteur dévoile des âmes en quête d’un désir réprimé, où la chair et l’esprit s’embrasent dans un magnifique tourbillon de sensations.

J’ai pensé à Juliet Drouar et son « on peut aimer qui on veut ».

Le style de Lebrun, à la fois poétique et incisif,. L’usage des métaphores, notamment celles des bijoux, traduit une profondeur émotionnelle où l’apparence extérieure tente de dire ce que l’âme éprouve.

Au fil des lignes, Lebrun nous rappelle qu’au-delà des injonctions sociétales, la véritable émancipation réside dans le courage d’être soi-même. Héliogabale, par son audace et sa vulnérabilité, devient une icône moderne, transcendante et profondément humaine dans sa lutte contre les convenances.

Dans l’histoire on trouve des informations sur le court règne (4ans) d’Héliogabale dans « Les Vies des douze césars »de Suétone, dans « Histoire Auguste ». Tome III, 1re partie : Vies de Macrin, Diaduménien et Héliogabale (Les Belles Lettres) et dans « Celebriti » du même éditeur.

Ont peut aussi lire « Héliogabale: Drame en quatre actes » de Jean Genet magnifiques pièce, ou dans « Héliogabale ou l’anarchiste couronné »de Giorgio Agamben.

L’histoire de Rome nous livre d’Héliogabale un portrait d’un sanguinaire exalté•é, un personnage Queer certes mais beaucoup moins romantique.

Les Sous-traitants par Stéphane Lanos aux Éditions de la Lanterne : Une Enquête au Cœur de l’Inédit.

Il faut que je vous dise que j’aime immensément cette maison d’édition, pour sa ligne éditoriale et pour ses auteurs.

J’ai lu le précédent livre de Stéphane Lanos que je conseille aussi.

Dans les Les Sous-traitants, imaginez une France, non pas à des années-lumière, mais terriblement proche de notre réalité. Avec « Les Sous-traitants, » Stéphane Lanos dessine les contours d’un pays où la démocratie vacille et les vérités semblent s’écrouler sous le poids des manipulations.

Lyon, l’été 2037 : une tragédie sanglante bouleverse le quotidien. Alexandre, un journaliste au passé aussi tumultueux que la mission qui l’attend, trouve en cette enquête une chance inespérée de redonner un sens à son métier. Dans la pénombre d’une société déchirée, il tente de dénouer les fils complexes d’une intrigue où chaque révélation est plus dévastatrice que la précédente.

Ce roman, est à célébrer pour la finesse de son écriture et la pertinence de ses questionnements, il n’est vraiment pas un thriller comme les autres. C’est une réflexion en miroir sur notre époque, un appel discret mais puissant à interroger le monde qui nous entoure, avec audace et lucidité.

Plongez dans l’univers frénétique et intensément actuel de Stéphane Lanos, et laissez-vous guider par une intrigue dont le rythme effréné n’a d’égal que sa profondeur intellectuelle.

Chimamanda Ngozi Adichie/Emily Brontë

Chimamanda Ngozi Adichie publie chez Gallimard une immense fresque humaine, ce nouveau roman choral, « L’Inventaire des rêves » est une ode à la puissance de la force de femmes.

J’écrirai bientôt une chronique sur ce livre.

L’autrice était à Paris pour le lancement de son livre. 

Je suis allée l’écouter à @sciencespo à Paris et j’ai même eu la joie d’échanger quelques mots avec elle.

Dans cet extrait vidéo en anglais, suivi de sa traduction, Chimamanda Ngozi Adichie nous dit que parfois elle a envie d’arracher la première page (couverture) de son livre pour ne pas montrer que c’est écrit par une femme.

L’histoire de la littérature est remplie de pseudonymes pour cacher une identité féminine.

J’ai pensé à : « Ellis Bell » le pseudonyme d’Emily Brontë.

À cause des préjugés de cette époque à l’encontre des auteurs femmes, les trois sœurs Brontë utilisèrent des pseudonymes masculins, Emily devenant « Ellis Bell ». 

Ce passage de Chimamanda Ngozi Adichie m’a marquée.

Depuis 1847 jusqu’en 2025, on parle encore d’occulter un nom de femme.

Chimamanda Ngozi Adichie á entièrement raison, c’est un problème auquel il faut sensibiliser surtout les jeunes générations.

Catherine Cusset, Ma vie avec Marcel Proust, Gallimard

Pour vous inciter à lire un livre, je vais faire comme les libraires ! 

Vu à La Grande Librairie.

Catherine Cusset a lu  « la Recherche trois fois, moi une fois mais je pioche régulièrement un livre de Proust au hasard ou avec intention pour le relire.

L’autrice nous éclaire sur sa manière différente de percevoir l’œuvre de Proust selon les époques de sa lecture ou relecture.

Je pourrais dire la même chose pour l’œuvre d’Emily Brontë et de ses sœurs que je relis presque en continu depuis ma pré adolescence et qui m’apporte quelque chose de nouveau et de beau à chaque saison.

Catherine Cusset, plume pétillante et vivante de la littérature contemporaine, nous raconte d’un regard à la fois tendre et critique, un voyage autobiographique où sa propre existence, émaillée d’échos proustien, se dessine sous nos yeux.

Dès les premières lignes, on perçoit l’honnêteté de son approche. Catherine Cusset s’interroge sur ce que serait sa vie en ayant l’opportunité de vivre dans les vêtements d’un génie. Avec une lucidité désarmante, elle remet en question ce fantasme souvent glorifié autour de la souffrance des grands artistes. Après tout, cette question intemporelle que pose l’autrice – préfère-t-on la douleur d’un génie ou la tranquillité d’une existence plus simple ? – résonne en nous.

L’autrice se dévoile comme une lectrice passionnée d’« À la recherche du temps perdu », confectionne un récit intime, trop souvent oublié dans le monde de la critique littéraire. 

Elle évoque comment cette œuvre monumentale l’a façonnée en tant que femme, amante et écrivain, c’est en partie mon cas aussi. 

Ce qui frappe le plus, c’est la légèreté avec laquelle l’écrivaine aborde des thèmes parfois lourds, tels que l’insomnie ou l’angoisse de la création. C’est comme si l’on retrouvait un ami de longue date, qui avec une tasse de thé à la main, partage ses pensées les plus profondes en toute simplicité (peut-être avec und Madeleine).

A l’heure où la littérature et ses héros se doivent d’être défendus, Catherine Cusset nous invite à renouer avec l’intime et la sensibilité.

Un enchantement à ne pas manquer !

Clémentine Goldszal autrice de Premiers cris : Les mystères de la néonatalogie chez Le Seuil 

Dans un café parisien, j’ai eu la joie de rencontrer une autrice que j’aime et qui vient de publier un livre passionnant, fruit de six mois de travail d’enquête, dans le quotidien de l’hôpital Necker-Enfants Malades, dans le service de pointe de la Néonatalogie. Son livre éveille des questionnements profonds, fait écho à notre réalité contemporaine et révèle un véritable talent d’écriture.

Cette rencontre m’a permis de mettre en lumière l’autrice elle-même, dont la passion pour la connaissance et l’engagement envers la nécessité de soins de qualité pour le plus grand nombre insufflent une vitalité nouvelle à cette non-fiction.

Ce livre, à la croisée des chemins entre récit personnel et enquête journalistique, constitue une lecture indispensable pour tou·te·s celles et ceux en quête de réflexions contemporaines.

« Premiers cris » met en évidence une grande passion pour la littérature, ce qui explique ma dernière question : pourquoi est-il important de lire ?

Refaire l’amour, Xavier de Moulins, Flammarion : Un récit vibratoire sur la résilience amoureuse

Dans son dernier roman, Refaire l’amour, Xavier de Moulins nous plonge dans les abysses de l’âme humaine, explorant les méandres de la culpabilité et de l’amour post-traumatique. À travers le récit émouvant d’une femme qui revient dans la maison familiale, résonnent les échos d’un drame poignant, et c’est dans ce retour aux sources que l’auteur tisse un tableau grandiose de la vie, avec ses hauts et ses bas, ses blessures et ses guérisons.

Les mots choisis par Moulins, d’une sensibilité rare, nous hantant tout en nous offrant une catharsis. « Ai-je ma part dans ta chute ? » Ces lignes, envoûtantes par leur intensité, nous rappellent que chaque relation, même à travers la souffrance, est un mélange complexe de complicité et d’échec. L’auteur réussit avec brio à capturer cette tension délicate, faisant de son protagoniste une figure à la fois vulnérable et incroyablement forte.

À une époque où la résilience, mot que je n’aime pas mais trouvez moi un vrai synonyme, est plus que jamais d’actualité, Refaire l’amour nous rappelle que la vie peut offrir des possibilités de renaissance, même lorsque tout semble perdu. Xavier de Moulins, connu pour sa plume aiguisée et son talent à évoquer des émotions profondes, nous livre ici une œuvre qui résonne avec notre époque.

En se basant sur une histoire vraie tout en se laissant guider par l’imaginaire, L’écrivain enrichit son récit d’une profondeur qui touche le lecteur au cœur. 

Ne manquez pas de découvrir ce récit fait de souvenirs et silences.