
J’ai rencontré Victor Pouchet au café Zimmer, pour parler de son dernier livre, publié dans la belle collection L’Arbalète chez Gallimard.
L’Arbalète est une collection à part : elle accueille des textes qui privilégient l’élan, la voix, l’invention formelle, souvent à la lisière du roman, du poème et du récit. Des livres indisciplinés, attentifs aux déplacements intérieurs, aux pas de côté.
Voyage voyage s’ouvre sur une cassure intime : Orso et Marie voient leur légèreté brisée par une grossesse interrompue. Un deuil discret, presque sans récit, mais dont la violence silencieuse imprègne tout. Pour ne pas se figer dans la douleur, Orso imagine une « théorie de la grande diversion » et entraîne le couple dans un road-trip improvisé à travers une France décentrée, faite de musées improbables et de détours incongrus.
La force du roman tient dans ce refus du spectaculaire. Victor Pouchet choisit la douceur, l’humour discret, la comédie bienveillante comme formes de résistance au tragique. Une écriture attentive aux « petits riens », à ce qui permet de tenir quand tout vacille.
J’ai beaucoup aimé ce roman.