Petites histoires de la médecine / La Manufacture des Abbesses – Paris

Ça vous dirait d’avoir une consultation théâtrale avec un médecin génial ?

Moi j’ai adoré découvrir, apprendre, rire et passer un moment de détente intelligent et créatif.

Nous assistons à plus d’une heure de spectacle sans voir passer le temps ! 

Tout est intéressant, les histoires, les anecdotes et le dialogue avec une patiente fort problématique et très très âgée qui permet de développer cet agréable solo en scène.

Le texte est vraiment fou et intéressant !

Je vous conseille d’aller voir ce vrai docteur pour rentrer chez vous bien de meilleure humeur que lors des rencontres avec des professionnels de santé dans des lieux plus conventionnels, la magie de ce spectacle guérit de la tristesse.

Histoire d’une domestication / Camila Sosa Villada / Métaillé

Traduit par : Laura Alcoba

Ce livre est renversant du début à la fin, l’autrice raconte avec passion et élégance la vie de la « comédienne » une actrice trans, célèbre et hautaine et de ses familles, celle d’origine et celle bâtie pas sans douleur.

La comédienne et son mari « l’avocat » gay, riche et très sophistiqué, moi je les aime, grâce à eux et aux très utiles personnages, jamais secondaires, la romancière argentine, actrice et trans elle même, insuffle dans son œuvre littéraire les mots nécessaires pour décrire les maux de la société, de la famille, du couple et de l’enfance.

Dans cette histoire il y a aussi l’enfance torturée par la vie.

« L’enfant » est adopté, l’enfant est séropositif.

En moins de deux pages Camilla Sosa Villada dit tout sur le SIDA et le dit comme une écrivaine peut le faire, avec la force d’une mère qui protège son enfant, c’est immense et réussi.

Ce livre m’a écorchée pendant la lecture et m’a également fait voyager dans la réalité si lointaine et si proche de la mienne.

« Indétectable »  es-tu indétectable ? est la première question qu’une patiente de mon unité de rééducation de l’hôpital Bicêtre m’a posé et moi toute personne engagée, militante, donatrice de ACT UP avec un tatouage de « The radiant baby » de Keith Haring, sur la cheville gauche, je n’ai pas su répondre.

Indétectable est une personne séropositive avec une charge virale tellement faible qui rend la transmission du VIH impossible.

Pas improbable ! IMPOSSIBLE ! 

On m’a demandé alors si mon coma et ma paralysie temporaire étaient dus « au virus » et moi j’ai répondu oui au virus varicelle-zona (appelé VZV, pour varicella-zoster virus).

Nous n’avions pas le même virus, presque les mêmes séquelles neurologiques, parfois mais elles et eux étaient « neuro-sida », mon neurologue dit ces « oubliés de la vie ».

Alors j’ai des choses en commun avec la protagoniste, les sentiments et les interrogations sur la vie l’amour, le corps, la séduction, les vêtements de Vivienne Westwood et la durée d’être confronté de près à cette maladie qui reste aujourd’hui stigmatisante.

J’ai vécu 18 mois avec le regard des visiteurs, des associations, des familles. 

Je ne suis pas séropositive mais eux ne le savaient pas.

Histoire d’une domestication perle de toutes les stigmatisations qui rendent si difficile de vivre avec un model de vie qui est différant sans se rendre compte que l’AMOUR est le même pour toutes et tous. « La comédie » dit refuser d’aimer et pourtant, comme tout être vivant ne cherche que ça.

Dans cette histoire théâtre de vies en quête du bonheur tout est extrême et pourtant pas si irréaliste que ça.

Mention spéciale pour la façon de traiter les scènes de sexe. 

C’est brutal et cru et pourtant, calibré pour dérouter juste le nécessaire et puis il y a aussi le besoin d’admiration et de séduction qui agrémentent ces moments dans le texte.

Lecture prenante, changeante, profonde.

Éminemment politique même dans les détails.

The Friends Expérience

#theoneinparis 

L’expérience mérite une visite déjà pour la porte violette emblématique de l’appartement de Rachel et Monica : The porte violette 

Il m’est arrivé de dire « violet couleur porte de Friends » dans la vie.

Mais vous pourrez aussi jouer au baby-foot chez Joey et Chandler, et prendre un selfie sur le canapé du Central Perk ou celui devant la fontaine.

Tout est beau ! Tout est comme dans Friends.

Une fois gagné l’envie de regarder tous les décors en même temps, l’expérience est aussi une exposition qui racconte Friends, ses protagonistes et son histoire !

La boutique est dotée d’un merch exclusif FRIENDS™, des mugs Central Perk aux sacs Crap Bags, en passant par des superbes T-shirts.

Moi j’ai rapporté chez moi 3 objets iconiques dont je suis particulièrement fière ! Comme un collier avec un célèbre (petit) cadre photo jaune. 

Objet indispensable à mon bonheur évidemment.

Cette expérience qui vous transporte à New York, chez des Friends est magique et magnifique, si vous aimez la série ou si vous avez des personnes dans votre famille ou entourage qui craquaient pour les aventures des 6 amis, ne tardez pas à réserver une heure d’émotions et de sublimes souvenirs.

C’est par ailleurs un réel  moment feel-good assuré ! 

PLANIFIEZ VOTRE VISITE

  •  Dates :Jusqu’au au 9 février 2025
  •  Heures d’ouverture : Lundi, mercredi – dimanche: de 12h à 21h15 (dernière entrée à 20h). Fermé tous les mardis
  •  Lieu : Galeries Montparnasse | 22 Rue du Départ, 75015 Paris
  •  Durée : 1 heure par session
  •  Accessibilité : Accès PMR ♿️.    disponible
  •  Âge requis : Tout âge est le bienvenue. Les participants ayant 15ans ou moins doivent être accompagnés d’un adulte (qui à 18ans minimum). 

Emmanuelle / Le Book club

Bonjour Le Book club ! 

Bonjour Camille Moreau !

Emmanuelle n’est pas de ma génération et pourtant la sensation de transgression et liberté 

qui l’entourent m’ont fait voir le-les film(s) et lire le livre. 

Comme souvent la version écrite gagna davantage mon intérêt, grâce au voile de mystère qui reste intacte, imaginer parfois c’est plus fort que voir.

Pour moi le roman a été troublant, lecture, interdite, inédite, érudite, initiatique et politique je n’ai pas eu les mêmes sensations en voyant les films. 

Emmanuelle, La version d’homme a été l’objet d’une absence éditoriale, épuisé partout, mais un exemplaire circulait dans ma famille et je l’ai lu avant 18 ans et relu avant votre livre.

Ma génération est celle du conformisme 

contraint ou au moins de la prudence, à cause su SIDA, en savoir plus sur les facettes de ce scandaleux pseudonyme m’a beaucoup intriguée.

Qui était ce personne derrière le personnage ? 

Vous êtes spécialiste de littérature érotique féminine Camille Moreau, je vous découvre, avec plaisir, dans votre récit vous dites de l’ Emmanuelle/Marayat Rollet-Andriane :

« Plus elle apprend plus elle est libre… »

« Elle découvre le plaisir qu’il y à connaître »

« le savoir lui donne la détermination de créer sa propre trajectoire »

Alors revenons à l’Emmanuelle/Roma , j’ai tres envie de vous demander Camille Moreau,: Diriez vous que Emmanuelle est un roman érotique

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-book-club/lire-emmanuelle-d-emmanuelle-arsan-avec-emma-becker-et-camille-moreau-2446550

Portrait de l’artiste en jeune homme / James Joyce traduit par Jen-Yives Cotté / Éditions 10/18

A Portrait of the Artist as a Young Man

Première lecture de Joyce en français, merci au traducteur de rendre accessible Joyce au public francophone.

James Joyce est largement décrit comme un grand écrivain mais souvent obscur. Ce roman presque autobiographique dément cette réputation. Nous le lisons sans difficulté et n’avons pas à chercher d’arrière-pensées littéraires complexes. 

Stephen Dedalus, un personnage que l’auteur a présenté dans plusieurs livres, est l’alter ego de Joyce. Ce « Portrait » montre un garçon (qui fréquente pour la première fois l’université) en train de devenir un jeune adulte. Tout est bien Tout semble réaliste dans ce voyage, tout semble authentique 

Joyce nous fait découvrir une époque et un pays qui semblent très lointains et figés dans le temps. 

A la fin du XIXème siècle, l’Irlande tente d’entrer dans l’ère moderne, mais celle-ci reste encore très archaïque. L’emprise de l’Église catholique est lourde. Elle est compatissante au sein de l’école religieuse où étudie le jeune Stephen D.. Les discours des prédicateurs – à la fois apaisants et terrifiants – semblent presque incroyables aujourd’hui. Cette pression influence très puissamment le jeune garçon. En outre, l’Eire est toujours sous la loi britannique, ce qui provoque de graves divisions parmi les Irlandais (même aujourd’hui, il reste d’importants vestiges en Ulster).

Il y a donc coexistence entre une authenticité indubitable (soulignée par les nombreuses notes recueillies à la fin du livre, qui font référence à son expérience personnelle de Joyce) et l’impression d’étrangeté dont j’ai parlé plus haut et qui peut me surprendre. Mais cela en fait un roman fascinant et à lire pour découvrir d’autres et nouvelles facettes du grand James Joyce !

10/18 propose une excellente traduction et une très jolie couverture.

Tous les silences ne font pas le même bruit / Baptiste Beaulieu / L’Iconoclaste

« Tous les silences ne font pas le même bruit » est le titre du nouveau livre, étourdissant et magnifique, de Baptiste Beaulieu.

Pour moi ce livre est une déflagration de l’évidence, un réalisme qui apparaît grâce aux mots qui naviguent entre poésie en prose, biographie, et essai.

Écrit à la deuxième personne du singulier ce « tu » accompagne les lectrices et lecteurs comme si il nous mettait en cause, comme si il parlait de nous.

Gardez-« vous » d’imaginer que ce texte s’adresse à une communauté si ce n’est celle de l’humanité.

Nous suivons, avec les mots clairs et intenses de Baptiste Beaulieu, l’histoire d’un enfant qui devient homme, puis père en faisant face aux préjugés volontaires ou inconscients que notre société véhicule

J’ai envie de crier avec celles et ceux que le monde marginalise et de crier aussi à quel point ce récit et ses notes si importantes me touchent. Moi spectatrice de ce que le Dr. Beaulieu décrit.

Moi qui étais lors de la toute la première WorldPride à Rome, la moitié de la ville cloîtrée et l’autre moitié, avec des familles hétérosexuelles et des enfants, dans la rue, découvrant et soutenant une marche arc-en-ciel sous un soleil divin.

Un festival d’une semaine a accompagné l’événement et a attiré une foule d’environ 70.000 homosexuels venus de 40 pays.

J’avais 20 ans et je travaillais avec le maire de Rome qui a signé les autorisations pour la manifestation. 

J’étais fière. Mais la Rome cloîtrée nous a traité aussi mal qu’elle traite ordinairement les homosexuels et toute la communauté Queer. 

On ne va pas se mentir Batiste Beaulieu a raison sur tout, il fait un portrait du réel et nous interpelle en nous tutoyant.

Il répète, il explique il parle de la vie et de toutes les diversités.

« Tous les silences ne font pas le même bruit » est un livre qui passe du particulier à l’universel.

Un livre tendre et engagé, qui fait sourire et s’émouvoir.

Un livre pour toutes et pour tous.

Intermezzo / Sally Rooney / Gallimard 

Sally Rooney a un talent pour écrire sur les relations interpersonnelles et les liens humains, et elle le prouve roman après roman, page après page, pour le plus grand plaisir des lectrices et des lecteurs !

Intermezzo est une histoire qui parle de deux frères, qui sont : Peter, avocat trentenaire bien installé qui partage sa vie en jonglant entre deux femmes, et son cadet Ivan, joueur d’échecs d’une vingtaine d’années qui vit une relation avec une femme plus âgée rencontrée  à l’occasion d’une compétition d’échecs.

Le centre, « le crux » de l’histoire est la grande difficulté des deux frères à établir un vrai lien et de leur incapacité à se connecter l’un à l’autre, situation aggravée par le décès de leur père.

L’autrice a une maîtrise remarquable de la gestion de ses personnages et son analyse psychologique de ces femmes et hommes qui peuplent ses livres est incroyable, nous lisons les vies intérieures et les évolutions, ainsi les  protagonistes deviennent proches comme si ils étaient nos proches et c’est beau.

il est difficile d’expliquer le roman avec un résumé  complet, de peur de gâcher le bonheur et la surprise de la lecture.

Mais je tiens à mettre encore l’accent sur le fait que nous avons vraiment l’impression de connaître la famille sortie de la plume de Sally Rooney et de comprendere les actions et mêmes les erreurs de tout le monde.

intermezzo ne se prive pas de la touche  politique caractéristique de Rooney, les paragraphes sur le travail salarié, la religion, le problème du logement à Dublin, la dynamique du pouvoir du capital intègrent et enrichissent l’histoire.

Très interessate aussi la façon de décrire l’influence et l’usage de l’univers d’Internet et des réseaux sociaux.

Ce roman est un récit existentialiste avec des échanges forts et marquants sur la vie et ses douleurs, (chroniques, passagères, subies ) et ses douceurs, (réelles ou seulement ressenties).

Sally Rooney revient avec un texte plus mature dans les thèmes et l’écriture. Elle explore un nouveau style, plus axé sur la conscience, tout en équilibrant cela avec ses excellents dialogues.

Note personnelle : j’ai bien apprécié la précision des citations que l’autrice utilise, qui sont très éclectiques, j’aime le « Il n’y a portant pas de troisième possibilité » Ludwig Wittgenstein. 

Vrai, mais parfois il faut la créer cette troisième voie/voix.

Belle lecture pour moi et j’espère vous dire bientôt « bonne lecture » à vous ! 

Les Enchanteurs / James Ellroy / Rivages/Noir

Demon Dog is back !

James Elleroy est une icône, un monstre sacré de l’écriture aux USA et dans le monde entier.

Auteur libre, parfois censuré, il est maître des romans avec plusieurs intrigues et des rebondissements qui tiennent l’attention du lecteur ou lectrice en état d’éveil permanent.

Les enchanteurs est le dernier volet, en date, de son cycle dédié à Los Angeles.

Dans ce roman, Freddy Otash, nous immerge dans le Hollywood de 1962 pour se lancer aux trousses de Marilyn Monroe et pour manipuler la réalité selon les besoins du maîtres du jeu.

L’écriture est toujours fulgurante, et le texte déchirant et bien plus émouvant que ce à quoi je m’attendais. 

C’est aussi stimulant, complexe, déroutant et brillant. Ellroy dissèque Los Angeles des années 1960, le système défaillant des studios hollywoodiens, la dépendance américaine au porno et à la drogue, la volonté de diffamer pour mieux régner.

La morale est claire : Nous vivons dans une culture pourrie et corrompue, et la plupart des gens ferment les yeux. Ellroy croit aussi à la rédemption. Il y a, disons, une prise de conscience, qui frappe Freddy Otash vers la fin, que j’ai dû lire deux fois.

Ellroy capture l’humeur des situations extrêmes et livre une profonde et intense version déglamourée de Marilyn et d’Hollywood comme seul lui peut le faire

Une réinvention cynique et iconoclaste de l’histoire américaine récente.

Les « rumeurs » et la diffamation sont les vrais protagonistes de l’histoire.

La violence est aussi morale et psychologique dans l’approche de l’auteur.

Si vous aimez le style d’Ellroy, c’est un incontournable, totalement immersif ! 

James Ellroy Sera à La Grande Librairie sur France 5 le 25/09/2024 et au Festival America à Vincennes 

« Pourquoi c’est important de lire ? »

Marine Tonnelier,
Olivier Besancenot, L
ucas Berriat – attaché de presse dans le monde de l’édition,
Guillaume Maurice, 
Fatma Bouvet de la Maisonneuve – Psychiatre et écrivaine
répondent à ma question.

Lire c’est découvrir; échanger; aimer; partager comme l’a récemment fait Bernard Friot avec moi.

J’aimerais un monde où toutes et tous puissent lire, pour ça je soutiens Bibliothèques Sans Frontières ! 

Parce que c’est important de lire ! 

Et vous ?

J’aimerais tellement votre réponse, en 10 ou 100 mots ou en images !

Pourquoi c’est important de lire, mes ami.es ? 

Les terroirs et la gauche / Samuel Grzybowski / Editions du Faubourg

Les Éditions du Faubourg en quelques mot d’abord.

La maison est créée en 2019 par Sophie Caillat.

L’équipe est passionnée et passionnante; la ligne éditoriale propose des œuvres de grande qualité qui enrichissent et questionnent le lecteur et la lectrice.

« Du faubourg au monde, du contemporain à l’histoire pour comprendre et agir » sont mes mots pour vous décrire mon ressenti à la lecture des textes de cette belle maison d’édition.

Le 17 septembre à la Gaîté Lyrique à Paris, salle accessible aux PMR♿️, avec ascenseur et sans marches, j’ai rencontré, un jeune et talentueux écrivain et acteur du changement.

Le public hétéroclite avec une majorité de trentenaires était intéressant et riche d’enseignements.

Le livre présenté parle de « terroirs » étrange mot qui n’est vraiment pas l’équivalent de territoires.

Et pourtant mon cerveau l’a transformé en territoires à mon premier regard sur la couverture. Erreur vite repérée et réparée, place à la lecture qui a été prenante et dense d’enseignements sur notre belle et aimée France.

La richesse de la diversité se dévoile page après page et me touche et apporte beaucoup, malgré mon internationalisme invétéré.

Pourquoi être insensible aux traditions et la beauté de nos terroirs ? Pourtant je l’ai été comme une partie de la gauche l’a été.

« Terroir  » est un mot, nous dit l’auteur, qui ne peut pas se traduire exactement dans les autres langues et depuis ma découverte de ce livre je tente en vain de le rendre vraiment compréhensible en Italien et en anglais….

Dans terroir: il y a la terre et ses produits, le vivant, la langue et la culture le plus souvent rurale, même si l’auteur nous interroge sur une possible extension d’usage du mot au milieu urbain. Cette idée d’une originalité urbaine qui chasse l’invisibilisation dès l’urbain me séduit.

Je voudrais que Samuel Grzybowski devienne le coach obligatoire de tous les élus du Front Populaire 2.0 et que son livre rouge devienne une lecture nécessaire pour toutes celles et ceux qui veulent préserver et imaginer le futur.

Oui pour moi, le futur, il faut le préserver.

Les livres des éditions du Faubourg et celui-ci en particulier rentrent dans la liste de ceux que j’offrirai beaucoup !

Livre, donc à lire et offrir !