Rome, cité universelle – P Faure/ N Tran / C Virlouvet – Belin

L’empire romain est à la source de notre civilisation.

Je me demande même s’il y a une année sans un film, une série tv ou une BD qui ne s’y déroule.

De Shakespeare a Ridley Scott, il continue d’enflammer les imaginations.

Cette bible contient tout ce qui permet de comprendre la pierre d’angle de notre culture.

De -70 a 212 après JC, tous les éléments de la culture romaine sont abordés : historiques, politiques, socio-économiques, culturels.

Ce livre devrait être dans toute bibliothèque tant il est complet.

Et pourtant il est si accessible qu’il se lit comme un roman, et si magnifiquement illustré que c’est juste un régal que de le parcourir et de picorer entre les pages à la relecture.

Les « romanistes » diront que c’est le complément indispensable à Suetone, je pense qu’il est encore plus nécessaire a celui qui se prépare aux vestiges de l’empire dans tout le pourtour méditerranéen avec le guide du routard.

Elixir – Kapka Kassabova – Éditions Marchialy

Écrivaine éclectique, poétique avec une propension à la spiritualité, Kapka Kassabova nous surprend toujours par la puissance de ses mots et de ses réflexions sur notre monde moderne. Kapka Kassabova est née en 1973 à Sofia, en Bulgarie. Elle quitte son pays natal avec sa famille à la fin de la guerre froide pour la Nouvelle-Zélande. Elle y reste une dizaine d’années et y étudie la littérature française, russe et anglaise. En 2005, elle choisit de s’installer en Écosse. Elle est autrice de plusieurs recueils de poésie, romans et récits. Sa langue maternelle est le bulgare.

Dans Lisière, son premier roman, que j’avais adoré et que j’ai lu deux fois pour mieux absorber l’atmosphère de ses pages de son pays.

Les frontières et leur violence sont le thème de prédilection du livre. Une problématique qui me touche beaucoup aussi, ma vision étant « Our true nationality is mankind » H. G. Wells.

Notre vrai nationalité est l’humanité.

L’attente pour Élixir était donc très forte.

J’aime beaucoup l’idée de voyager dans le monde des 742 plantes médicinales qui poussent dans la vallée de la montagne bulgare à l’écosystème préservé que l’autrice explore.

Élixir est un livre magique, doux et prenant, une cure immédiate contre la monotonie et la grisaille ambiante.

4 chapitres dédiés au éléments : Terre, Air, Eau, Feu, aident à classer l’immersion dans l’alchimie des plantes médicinales.

Nous ne sommes pas dans du développement personnel, mais plutôt dans la découverte que la terre, la planète nous donne tellement de choses magnifiques et enchantées.

Kapka Kassabova nous fait rencontrer les dernières personnes détentrices de connaissances et pratiqués ancestrales.

Cet hymne à la nature passée et encore présente est lumineux. Nous apprenons aussi l’usage de certaines plantes pas trop habituelles.

J’aime tellement le regard que cette poétesse porte sur les cueilleuses, j’ai la sensation de voir les couleurs et sentir les odeurs de ces plantes bénéfiques et parfois guérisseuses.

Tout en lisant, hier je regardais, la série Yellowstone, avec Kevin Coster, également une ode à la nature et un étrange regard sur la nature des hommes. Les scénaristes font dire au protagoniste, « dans cette eau nos ancêtres se baignaient, il y a des milliers d’années, pour guérir et on nous a tout donné, dans la nature pour nous soigner » J’ai juste envie de dire ce n’est pas faux.

Dans ce livre nous rencontrons aussi la dure vie dans les Balkans.

L’autrice a un immense talent, un vrai savoir en médecines alternatives, la Chinoise aussi, et surtout une grande sensibilité et amour pour le vivant.

Merci de ce cri d’amour pour la nature.

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Jean Zay, L’homme complet – Theatre Essaïon – Paris

Jean Zay, L’homme complet

Jean Zay, né le 6 août 1904[à Orléans et mort assassiné par la Milice le 20 juin 1944 à Molles (Allier), est un avocat et homme politique Il est sous-secrétaire d’État à la présidence du Conseil, ministre de l’Éducation nationale et des Beaux-Arts, député et conseiller général du Loiret.

Pendant ses quarante-quatre mois au gouvernement, Jean Zay institue, au titre de l’Éducation nationale : les trois degrés d’enseignement, l’unification des programmes, la prolongation de l’obligation scolaire à quatorze ans, les classes d’orientation, les activités dirigées, les enseignements interdisciplinaires, la reconnaissance de l’apprentissage, le sport à l’école, les œuvres universitaires; et au titre des Beaux-Arts : le CNRS, le Musée national des arts et traditions populaires, le Musée d’Art moderne, la Réunion des théâtres lyriques nationaux, le festival de Cannes.

Les cendres de Jean Zay sont transférées au Panthéon le 27 mai 2015.

Cette pièce/spectacle nous parle et fait découvrir ce personnage et ses apports.

La tâche n’est pas évidente et pourtant

Xavier Béja est impressionnant dans ce rôle.

La mise en scène équilibrée et sobre s’adapte parfaitement, des archives et vidéo illustrent le parcours de Jean Zay. L’ambiance musicale accompagne le texte et les apports en photo et vidéo !

De la conception oui de l’ennuie jamais ! Nous sommes spectateurs d’une leçon politique d’émancipation et d’humanité, de vie d’un homme qui n’a jamais baissé les bras.

Pièce crée à partir des écrits de Jean Zay et d’images d’archives, Xavier Béja incarne avec passion cet intellectuel complet.

Je vous conseille de découvrir ce spectacle sensible et émotionnant !

Manouchian / Astrig Atamian Claire Mouradian Denis Peschanski / Textuel

Denis Peschanski, l’un des auteurs du livre est un éminent historien, je suis souvent fasciné par ses recherches. 

Denis est le parfait intellectuel engagé, qui n’hésite pas à défendre ses convictions même dans l’arène politique, c’est précisément dans ce domaine que je l’ai rencontré, écouté et commencé à l’admirer.

Souvent invité dans les médias, il porte son opinion et ses savoirs toujours de façon pertinente et intéressante.

Il ne le sait pas,  mais son intervention lors de sa candidature à une législative partielle à Bourg-la-Reine, est resté dans ma mémoire.

Alors les cases à cocher, après la question, pourquoi avez-vous choisi de lire ce livre ? Sont : pour l’un de ses auteurs et pour l’histoire.

Cette belle œuvre est le fruit du travail des trois historiens Astrig Atamian, Claire Mouradian et Denis Peschanski qui ont enquêté dans des archives inexplorées jusque-là. 

Quatre-vingts ans après son exécution et celle de ses camarades de l’Affiche rouge, Missak Manouchian fait son entrée au Panthéon, accompagné de sa femme Mélinée. Ce livre retrace l’itinéraire de ce couple de résistants communistes, tous deux orphelins survivants du génocide des Arméniens de 1915.

Les éditions Textuel éditent un livre important et très beau , illustré de nombreux documents,  dont des poèmes de Missak et sa touchante dernière lettre à Mélinée, qui inspirera Aragon et Léo Ferré.

Poète, militant communiste et chef d’un réseau de résistance, Missak Manouchian a été fusillé par les Allemands en février 1944. Il sera inhumé au Panthéon le 21 février prochain. 

Cette décision a une portée historique et symbolique importante.

Importante et attendue par mes amis arméniens, et oui dans certaines villes du 92, dont Clamart, la communauté arménienne est très nombreuse et active. 

Bravo aux trois historiens Astrig Atamian, Claire Mouradian et Denis Peschanski pour ce travail remarquable et à l’éditeur pour l’objet livre.

Lecture nécessaire avant la pantheonisation qui aura lieu le 21 février prochain ! (Et même après)

La fille de Lake Placit/ Marie Charrel/ Éditions Les Peregrins

Un livre de Marie Charrel, dans la Boîte aux est une surprise extraordinaire pour moi.

Cette autrice me passionne, en la lisant je me laisse toujours transporter comme une plume portée par le vent. Grâce et Brio rendent ses mots, phrases, paragraphes et textes très agréable à lire.

Ses personnages sont souvent des célèbres inconnues dont nous découvrons des facettes romancées mais parfaitement vraisemblables.

L’autrice superposé ses personnages, dans cette biographie romancée, à l’histoire de deux artistes de générations biens différentes.

Lana Del Rey et Joan Baez sont ses héroïnes.

Je connaissais déjà Joan Baez que j’admire énormément, moins Lana Del Rey

Le roman se faufile dans les vies et les choix des deux chanteuse et de ce qui a conduit les deux icônes à monter sur scène ensemble en 2019 lorsque Lana a convaincu Joan, qui vivait retirée, de faire une apparition à son concert de Berkeley pour interpréter ensemble « Diamonds & Rust ». Après ce spectacle, Baez et Del Rey se sont rendues dans un club de two-step afro-caribéen où Baez a exigé que Del Rey continue à danser aussi longtemps qu’elle. Cette soirée a inspiré à Del Rey la chanson  » Chemtrails  » sur le morceau « Dance Till We Die ».

Après ce spectacle une amitié est née.

L’authentique charme de la plume de Marie Charrel permet une totale immersion dans le monde artistique et la pop culture.

Ce texte, fort et poétique est un sublime voyage musical

Un roman d’initiation et de transmission, d’affinités artistiques atemporelles.

Il y a dans ces pages une manière de décrire la nature et sa force qui est comme une ode puissante.

Je suis fascinée par Marie Charrel et par ses protagonistes.

L’évasion, intelligente et toujours riche et pertinente que cette histoire nous offre est un cadeau littéraire précieux.

Élixir

L’élixir d’or est un beau cadeau, j’aime les énigmes, les casse-tête, les Escape Games et @elixirdor est parfait pour moi ! J’ai découvert ce jeu sur la presse écrite, avec des articles nettement positifs !

Alors ici on se lance !!!

6 énigmes à résoudre pour remporter un trésor de 100.000 € ! Chez moi on jouera en groupe pour multiplier les neurones en marche !

Je vous assure c’est très sympa et vraiment sérieux.

Faute de chasse à l’or dans une rivière ou de Harrison Ford à disposition, une belle équipe jeune, dynamique et pluridisciplinaire propose une alternative !

Vous achetez ou vous vous faites offrir le parchemin et la route vers l’or peut commencer. Une version en ligne existe aussi.

Je ne peux pas vous communiquer nos élucubrations à la Indiana Jones, mais je ferai des stores ce week-end pour montrer le contenu de cette fascinante boîte qui nous fait rêver !

Ce type de jeu au delà de la belle récompense, est important pour garder une excellente forme mentale, un peu comme de super aliments pour le cerveau.

Je vous conseille de participer à cette chasse au trésor géante avec un jeu en or !

Ma famille entière est conquise et veut participer activement à la résolution des énigmes !

Je promets solennellement, en cas de gain, de ne pas dépenser plus de la moitié de la cagnotte en livres ! 

J’ai l’impression de chercher le fameuse tablette de chocolat Willy Wonka et son ticket d’or ! 

#lelixirdor #chasseautrésor #escapegame #escaperooms #cassetete #enigmes #chassealor #jeuxdesociete

Very Math Trip !

Pour bien commencer l’année, il faut parler de théâtre, tout particulièrement d’un spectacle qui avait tout pour se faire détester à cause de ma relation conflictuelle avec les Mathématiques.

J’étais déjà tombé dans le piège de l’excellent livre de Hans Magnus Enzensberger, Le démon des maths.

Conquise par la capacité de vulgarisation de l’auteur, j’ai aimé et offert plusieurs fois ce texte.

Aujourd’hui je suis là, publiquement, devant, potentiellement, des personnes qui savent que au lycée je n’achetais pas mes livres de math …pour vous dire, en vous écrivant, que Very Math Trip est un beau spectacle à voir absolument.

Atypique comme j’aime, intelligemment drôle et participatif sans faire souffrir le public, sans nécessairement devoir avoir des connaissances particulières dans les matières scientifiques.

Ce spectacle est inspiré par un sorte de philosophie de la transmission des mathématiques qui est agréable même à celle et ceux qui, comme moi, lisaient Lord Byron pendant les cours de math.

Je vous conseil ardemment de plonger dans ce spectacle extrêmement instructif, l’esprit ouvert pour rire en compagnie d’un mathématicien.

Le Royaume Oublié – Russell Banks – Actes Sud

Je n’avais pas lu Russell Banks depuis un moment et j’avais presque oublié à quel point il peut se montrer un romancier extraordinaire.

Lors de l’ouverture de « The Magic Kingdom » (Titre de la VO) Russell Banks découvre une pile de cassettes dans le sous-sol d’une bibliothèque en Floride. Il les ramène à la maison et elles restent entreposées dans une boîte pendant une dizaine d’années avant d’être, finalement écoutées
Les bobines ont été enregistrées par un homme nommé Harley Mann, un ancien promoteur immobilier, et, comme nous le découvrirons, bien plus encore. Grâce à lui, nous découvrirons les communautés utopiques qui ont prospéré en Floride au début du XXe siècle, notamment les Shakers.

Harley et sa famille étaient des Ruskinites, un groupe socialiste utopique qui suivait l’enseignement du peintre et réformateur social britannique John Ruskin. Originaires de l’Indiana ils vivaient dans une communauté ruskinite en déclin à Waycross, en Géorgie, mais après la mort de son père, sa mère et ses quatre frères et sœurs sont devenus esclaves, pour payer les dettes. Sa mère fait appel à son réseau de sociétés utopiques et un jour, un grand et bel homme parlant la langue Quaker paie sa dette et emmène toute la famille dans une communauté Shaker florissante en Floride, près de ce qui deviendra un autre royaume magique Disneyland. Harley nous plonge dans la vie de la société et du monde naturel qui l’entoure, alors que de plus en plus de personnes viennent vivre dans cette écologie délicate qui n’a jamais été conçue pour soutenir une population aussi nombreuse. Harley devient apiculteur. Il devient également amoureux d’une jeune femme tuberculeuse que les Shakers ont prise sous leur aile.

Harley, en tant que vieil homme, raconte avec ses propres mots ce qu’il a fait à son monde, qu’il aimait et qui était devenu le foyer de sa famille. Nous en apprenons un peu plus sur sa carrière dans l’aménagement du territoire – juste assez. Après avoir terminé « Le royaume enchanté », je vois à quel point chaque élément de la transcription était essentiel. Ici tout est symbole.
Vous aurez droit à une histoire incroyable racontée par la voix d’un homme incroyablement fascinant.
Un admirable dernier livre pour Russell Bancks

Hiérarchie, La société des anges – Emanuele Coccia – Bibliothèque Rivages.

France Culture en parle et l’envie, déjà présente de lire ce livre devient volonté.

L’introduction me ravie déjà, nous découvrons la gènes et le contexte de la lecture à venir.

Emanuele Coccia est un brillant philosophe contemporain, italien et iconoclaste ( je devais placer cette définition pour un livre qui porte bien son titre )

Quelle idée de parler de notre société au travers de celle des anges.

Impossible pour moi de ne pas penser à Good Omens de Gaiman et Pratchett et aux anges du Doctor Who.

Qui dit hiérarchie dit aussi pouvoir, je trouve vraiment brillante la façon de décrire les démarches de pouvoir des anges, pouvoir exercé, subi ou transmis.

C’est une vision sur le monde des anges dans le temps, qui nous est permise grâce à cet ouvrage.

C’est aussi une recherche sur ces messagers et messagers suprêmes connus de façon très superficielle. Je me rends compte en lisant de la quantité de subtilités mais hélas aussi d’évidences sur lesquelles je ferais l’impasse.

Cette société des anges, société sans famille est révélée au fil des pages en croisant plusieurs traditions en supplément de la Chrétienne.

Il s’agit sans contexte d’un travail accompli et érudit mais si la curiosité vous conduit vers ce livre n’espérez pas du développement personnel. Sachez par contre que aucune connaissance préalable, théologique ou philosophique est nécessaire, l’auteur est un excellent divulgateur qui explique les concepts et croyances qu’il mobilise.

Je vous conseille vivement cette lecture.

Léa V. – Jérémie Lefebvre – l’Inculte

Mon année littéraire commence avec l’Inculte, Maison d’édition que j’affectionne beaucoup et que j’ai découvert grâce à la publication du merveilleux Jérusalem de Alan Moore et à la prouesse de sa traduction de Claro.

Après ce livre  l’Inculte m’a émerveillée souvent.

Léa V est une courte histoire qui condense en prose ce qui aurait pu être un essai de Chomsky, sur la manipulation et le lien que nous créons artificiellement avec les personnages médiatiques.

C’est une photo qui provoque les interrogations de notre auteur. Une photo observée et interrogée, une de celles que nous avons toutes et tous vues sur les abribus. 

C’est une photo d’une société décadente et sur le déclin. 

Aujourd’hui les égéries les  jeunes, les rencontrent au travers d’un écran, mais la marque Louis Vuitton conserve toutes les caractéristique que l’auteur lui attribue.

Pourquoi Léa V actrice a-t-elle décidé de prêter son image à cette image ? Telle est l’angoissante question qui traverse l’esprit de l’auteur, car pour lui, impossible d’imaginer cette action comme volontaire et effectuée sans contrainte.

Les hypothèses fusent et, scripta manent, l’auteur écrit ses idées qui deviennent angoisses dans une lettre.

Révolutionnaire est l’hypothèse qui me plaît davantage mais notre actrice récidive, ce n’était peut pas un message sur la domination et la soumission qu’elle voulait envoyer… et pourtant ces belles photos soigneusement fausses contiennent en elles l’affichage de la domination.

Le cuir imprimé est celui de la marque, mais nos besoins générés sont aussi marqués au fer rouge dans les esprits. 

Le reste est à découvrir dans le livre que je vous conseille.