Histoire d’une petite fille / Laure (Colette Peignot) / Editions La Lanterne

Les Éditions de la lanterne sont une découverte lumineuse, j’ai lu plusieurs textes de cet éditeur et je suis conquise par les choix et la qualité.

Je commence aujourd’hui en vous racontant ma découverte de Colette Peignot, de son pseudonyme, Laure et de sa vie surprenante.

Histoire d’une petite fille est un court récit de l’ouverture au monde d’une enfant bourgeoise confrontée à beaucoup d’hypocrisie et d’histoires sordides liées à son milieu catholique.

Les livres de cette collection sont accompagnés de photos et d’un véritable dossier qui fait découvrir cette écrivaine.

Ce livre je l’ai vu, je l’ai voulu et immédiatement lu. 

J’ai attendu un peu pour parler de « Laure » car beaucoup de ses questionnements sont les miens et un miroir demande parfois des ajustements pour y voir clair.

Colette Peignot est aujourd’hui une célèbre inconnue, ses fréquentations, comme Georges Bataille et bien d’autres ont marqué les esprits sans que nous mesurions l’impact de cette femme sur son époque.

L’ histoire de la petite fille est bouleversée «par des mains criminelles qui ont agrippé mon destin » dit l’autrice, tout de suite, dans les premières lignes de ce texte d’une immense beauté égale seulement à sa tristesse lucide 

Pour la catholique que je suis lire  que « un homme protégé par un anneau » viole un enfant est devenue une douloureuse réalité.

L’actualité a brisé le sceau et dévoué des odieux abus mais à l’époque de « Laure » se taire et subir était la norme.

Colette Peignot, enfant intelligente et solitaire se pose souvent dans ce texte la question de « À qui parler ? » aujourd’hui en la lisant, elle me parle et peut s’exprimer librement. L’enfant est devenue une femme engagée, avec une forte recherche spirituelle et des fréquentations littéraire hétéroclites qui l’ont mené à une sexualité inspirée par Sade.

J’espère vous avoir donné l’envie et la tentation d’en savoir plus et de lire ce texte si beau.

Soyez curieux ! 

Alexandre / Emmanuele Arioli / Les Belles Lettres

Dur ! Dur d’être beau damoiseau !

Emmanuel Arioli avait déjà surpris le monde en retrouvant un chevalier oublié dans les mythes arthuriens, voici qu’il nous en déniche un autre : Alexandre, l’orphelin de la table ronde !

On connaissait le meilleur chevalier, le plus pur, le plus fort, celui au lion, le plus cocu, dernièrement celui au dragon, voici Alexandre : le plus beau !

Évidement cette beauté ne laisse indifférent aucune femme, et toutes veulent s’adonner à la luxure avec lui, quitte à s’affronter de sortilège.

C’est dans la même lignée que « l’épouvante mauvais » de la quête de Keu.

La derniére découverte d’Arioli est un incontournable pour tous les médiévistes, lecteurs de fantasy et fan de « Kamelott »

Succession, la violence en héritage / Ariane Nicolas / PLAYLIST SOCIETY

Fort intéressant ce court essai d’Ariane Nicolas, journaliste à Philosophie magazine, le texte est la parfaite lecture post élection de Donald Trump comme 47ème président des États -Unis d’Amérique.

Mettre des mots sur les maux est nécessaire. Succession, la violence en héritage raconte les failles de l’incroyable et vraiment impitoyable famille de la série (que je vous recommande d’ailleurs) créé par Jesse Armstrong. La série Succession (2018-2023) donne vie à une famille particulièrement dysfonctionnelle de milliardaires new-yorkais, Révéler la construction psychologique de chaque protagonistes analyse simultanément notre monde, ses perversions et sa violence, verbale et médiatique.

Le style et le fond du livre sont passionnants et addictifs grâce à une écriture vive et une capacité de déconstruction remarquables. Il y a un air de Bourdieu quand pas à pas nous nous rendons compte de l’héritage culturel (déviant certes) transmis dans cette famille.

Tout commence avec Logan Roy, 80 ans, homme d’affaires à la tête d’une multinationale des médias qui est un personnage vraiment archétypal et hélas de plus en plus plausible aux USA et ailleurs…

L’autrice étudie très bien le langage comme héritage fondamental, j’y suis très sensible. Les mots sont des pierres et si, l’entourage proche apprend la brutalité les héritiers seront brutaux. Terriblement simple, une évidence et pourtant le dire, le répéter est essentiel.

À lire de façon plutôt urgente !

La Distinction: Librement inspiré du livre de Pierre Bourdieu / Tiphaine Rivière / La Découverte Delcourt 

Quelle belle idée ! 

La BD me plaît beaucoup graphiquement et l’artifice choisi, pour parler de La Distinction, immense livre de Bourdieu, est parfait.

Un prof, des lycéens et une idée.

L’idée de faire lire un livre complexe et important à un public qui pourrait le rejeter.

Le reste est à découvrir page après page, planche après planche.

Cette BD donne vie au livre de Bourdieu. C’est beau, c’est même parfait. Une langue fluide, précise, universelle et des dessins pour éclairer les mots, la pensée complexe qui devient évidence.

Je voudrais avoir eu Michel Coëkter comme professeur.

Je voudrais être avec cette classe de jeunes personnes confrontés à une analyse qui montre les déterminismes sociaux infligés par les goûts et les influences culturelles.

La culture, serait-elle déterminante dans nos goûts et donc dans nos choix ? Oui.

La Distinction. Critique sociale du jugement est un ouvrage de 672 pages de Pierre Bourdieu, publié par les Éditions de Minuit en 1979. 

Le sociologue oppose à la vision courante, qui tient les goûts pour un des choix naturels, l’observation sociologique et l’analyse qui montre que ceux-ci sont déterminés et organisés entre eux par notre position dans la société.

Il peut paraître évident que des personnes aisées boivent plus de champagne et ont plus de chance d’avoir des meubles anciens, de pratiquer le golf, de fréquenter musées et théâtres. P. Bourdieu montre qu’au-delà des simples effets de revenu, toutes ces pratiques révèlent des systèmes de représentations, propres à des groupes sociaux, de leur position relative et de leur volonté de se situer dans une échelle de pouvoir. La Distinction est donc une monumentale œuvre de déconstruction de l’idée reçue selon laquelle « les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas ». Bourdieu démontre les mécanismes sociaux de construction du jugement.

Ce livre a boulversé ma vie et ma construction.

Je dois énormément à Pierre Bourdieu.

Cette BD est donc un immense cadeau pour moi qui permet de s’attarder un peu sur l’œuvre qui l’a inspirée.

Attention! Attention! c’est une inspiration, pas une illustration.

Le style semi-réaliste de l’autrice est aussi drôle que décalé et permet de passer un vrai bon moment de lecture en images.

À lire et à offrir sans modération !!!

PS Le livre La Distinction, n’est pas toujours facile d’accès mais le lire fait tout simplement du bien.

A l’ombre du drapeau / Sébastien Petrasanta / Hello éditions

Mais qui est cet auteur ?
Un homme brillant que je connais depuis plusieurs années nous nous sommes rencontrés dans des vie différentes.
Aujourd’hui nous nous retrouvons autour de la force que les mot transmettent.
Chaque livres est un cadeau qui nous fait découvrir, penser, rire, réfléchir, pleurer apprendre.

Sébastion Petrasanta

Chaque livre est accompagné d’émotions.
Ce livre l’est doublement porteur d’émotions car je découvre un écrivain.
Ce premier roman de Sébastien Pietrasàta nous décris la chute d’une famille dans l’idéologie d’extrême droite d’avant guerre incarnée par Doriot.

Doriot

Comment des gens biens, père militant communiste au départ finissent collabo. Cela m’a fait penser à « Une petite ville nazie » livre/enquête de William Sheridan Allen qui participe de la même démonstration du mécanisme de destruction des valeurs humaines par la corruption de celles-ci.
De 1935 à 42, on suit l’engagement militant des 3 enfants : le crétin, le dépressif et l’intello et du comment leur seule volonté de bien faire, d’agir pour le bien commun sombrera dans l’inacceptable.

Petrasanta démontre que c’est le fait d’être dans l’entre soi qui génère la haine de l’autre.
Un livre qui trouve son moment dans la montée du neo-fascisme dans le monde et résonne encore plus après l’élection de Trump.
Je vous conseille de découvrir la plume et les idées de ce nouveau romancier.

La Voix des fantômes : Quand débordent les morts / Grégory Delaplace / Le Seuil 

Je dois cette lecture aux éditions du Seuil, mais également à @nicoherbeaux qui en a parlé dans sa belle matinale du samedi sur @franceculture , qui m’éveille et me réveille chaque semaine.

Gregory Delaplace est un anthropologue et un magnifique divulgateur. 

Son livre est une expérience de lecture extraordinaire, un voyage dans le temps et l’espace à la rencontre de nos fantômes.

Chaque époque et tradition a son rapport au morts et à la mort. 

Chaque être sur terre a ses fantômes qui l’accompagnent comme un fantasme qui fait rêver de pouvoir toucher ce qui n’est plus, ceux et celles qui ne sont plus là, c’est mon opinion hautement pas scientifique.

L’auteur traite les fantômes de manière plus scientifique, en écrivant, avec talent, une anthropologie du rapport des humains aux morts et au traitement des revenants.

J’ai adoré me retrouver, grâce aux mots et une pincée d’imagination au Moyen Âge au moment de l’invention du Purgatoire, élément qui me fascine depuis toujours, ou dans le West End à Londres. 

J’ai aimé découvrir les superstitions et me représenter chaque lieu et situation. 

Ce livre se lit tout comme un roman et nous donne beaucoup. 

Les mots sont parfaitement maîtrisés et les explications convoquent, l’histoire et l’ethnologie qui éclairent ce sujet qui est normalement plutôt dans l’ombre.

N’ayez pas peur de lire un essai, ce livre s’adresse à toutes celles et tous ceux qui aiment lire, réfléchir, comprendre.

PS j’ai une envie dévorante de discuter de ce livre avec mon amie @dr.jenniferkerner qui est immergée dans son beau travail en ce moment.

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Petit-Clamart / Gilles Boyer / JC Lattès

Que se serait-il passé si le 22 août 1962, le Président, et Général de Gaulle, avait été assassiné lors du célèbre attentat ? Petit-Clamart est une uchronie qui donne une réponse à cette question.
Les personnages sont connus, un seul est, a l’heure de parution, encore en vie.
La psychologie, les ambitions de chacun, la logique des institutions conduisent à un récit tout à fait plausible.

C’est l’histoire de l’un des possibles.

Une époque très étrange que celle d’après-guerre, peuplée d’anciens héros de la résistance, de revendiqués comme tels, de collaborationnistes discrets, de factieux et fâcheux nostalgiques de l’Empire Colonial, d’anciens élus de la République revenus en responsabilité avec la maîtrise des jeux parlementaires, et de quelques jeunots qui marqueront les 60 années suivantes.

Voir une droite s’écharper sur de vrais valeurs a quelque chose de rafraîchissant et d’oublié, D’ailleurs la cuisine électorale n’est pas sans rappeler les complots de « Game of Thrones », inspiré des Rois Maudits de Maurice Druon (un résistant gaulliste qui savait donc bien ce qu’il écrivait)

Il n’est pas nécessaire de connaître l’histoire du Petit-Clamart, aujourd’hui plus associé à un quartier en plein développement qu’à une tentative d’assasinat, pour apprécier ce livre mais cela apporte nécessairement un goût supplémentaire à la lecture de savoir qui est qui, surtout pour apprécier pleinement la psychologie des personnages.
Il serait injuste de ne pas reconnaître le talent d’écrivain de Gilles Boyer, même si tout nous oppose en termes de vision et de parcours politique dans la réalité.
C’est le pouvoir des livres.

Je ne l’ai pas lâché ce roman et je pense que vous ferez de même !

L’empire n’a jamais pris fin / P. Thiellement / Massot – Blast

Pacôme Thiellement nous livre une relecture spiritualiste du développement de la civilisation chrétienne. Il nous démontre que l’alliance du sceptre et du goupillon n’a jamais eu de scrupules à l’imposture pour écraser les aspirations d’émancipation des populations. Après une comparaison édifiante du message d’origine du Christ et ce que l’église en a fait, toutes les pistes conduisent à Rome. César est devenu le modèle de tous ceux qui veulent écraser le monde de leurs pouvoirs.

Suivront la démonstration par les exemples de Clovis et de Jeanne d’Arc.
Cette fresque historique est enrichie de références plutôt hétérodoxes dans le domaine comme P.K. Dick et Simone Weill ainsi que de nombreuses perles d’humour. La dénonciation de la récupération par une famille politique anti-tou.t.s de Jeanne d’Arc icône pas vraiment genrée est assez drôle si ce n’était pas tragique.

Alors bien évidement certains diront que c’est une vision partisane et particulière de l’Histoire, « e pur si muove ! », l’examen neutre des faits font que le raisonnement Thiellement est adamantin.
J’ai hâte de lire les tomes suivants

l’Art Nouveau / JM Leniaud / Citadelles & Mazenod

Les Éditions Citadelles & Mazenod ont développé un savoir faire en matière de beaux livres qui est exceptionnel.

Les collections sont pensées et écrites pour être un outil pour les enseignants, les chercheurs, les conservateurs, et être aussi accessibles au grand public d’amateurs.

Les images sont d’une beauté époustouflante mais j’aime mettre l’accent sur les textes.

Sachez que vous achèterez un  «  livre beau » interessant et prenant, riche et soigné au niveau de l’écriture et de la recherche. 

La fabrication de livres, nous dit l’éditeur « se fait dans le respect de la tradition du métier, avec un souci de rigueur technique permanent ».

Ma propre définition de l’expérience de passionnée que je suis, avec les livres Citadelles & Mazenod est : « la beauté alliée à l’essence du savoir » 

Je vous conseille, avec toute la passion que je peux vous transmettre de lire, toucher et vous approprier de ces œuvres d’excellence.

Des cadeaux toujours appréciés et des collections pour se faire plaisir.

Le catalogue est riche et diversifié, même les amateurs de Science-fiction trouveront leur bonheur.

Le livre que je vous présente aujourd’hui est une véritable encyclopédie visuelle de l’Art Nouveau qui me fascine tant, pour son style épuré et élaboré à la fois.

Les images nous racontent un style qui touche tout : peinture, sculpture, architecture, mobilier, décoration…

Ce splendide livre m’accompagnera, sur ma table basse pour le montrer comme le si bel objet qu’il est.

O. V. de L. Milosz / Éditions Quarto.

Quarto livre me surprend toujours pour la richesse de ses volumes.

J’adore toucher les Quarto, grâce au papier soyeux, et les garder un peu sur mes genoux après avoir lu les textes, regarder, encore et encore, les images, si belles et les détails si précieux, me plaît beaucoup 

Avec une anthologie comme celle ci, le travail de recherche pour, « apprivoiser » une autrice ou un auteur est fait par l’éditeur, ici de manière riche et approfondie.

Dans un récent article sur @diacritik la collection Quarto est définie par sa directrice éditoriale, @aude_cirier , comme « la petite sœur rebelle de la Pléiade» oui c’est un peu ça selon moi. 

Miloz est un personnage singulier de la scène littéraire, sa quête spirituelle, perpétuelle, me touche beaucoup et je suis particulièrement charmée par ses poèmes si personnels et forts.

Très intéressant de connaître maintenant, aussi, l’œuvre en prose et le théâtre.

Quelle richesse cet ouvrage ! 

Le dossier et les annexes, ouvrent les portes de l’univers métaphysique de l’auteur. 

Cette édition contient une vie d’artiste et c’est une délicieuse et inspirante découverte qui sort de mon univers littéraire habituel.

Merci Quarto.

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