S’il y a des livres qui passent au travers de la raquette de la scolarité, le Siècle de Louis XIV par Voltaire en est le parfait exemple, et pourtant il n’y a pas d’autre œuvre qui permette de mieux comprendre, de vivre même, le grand bouleversement culturel que fut le « grand siècle ». Voltaire s’est posé en témoin de tout ce qui s’est déroulé dans cette période, de la géopolitique européenne aux alcôves de Versailles, des guerres de Flandres aux personnages de Molière. Voltaire ne savait peindre, il fallait donc qu’il brosse le portrait d’un esprit français qui devait inspirer l’Europe. C’est un régal que de lire les anecdotes, ces petites histoires qui forment la grande, dans la langue acidulé du philosophe.
Le livre est le fruit d’un travail artisanal, la maison d’édition est réputée pour la qualité des objets et de ses textes, toujours importants. Ceci n’est pas un livre de poche, nous sommes en présence d’un hard cover, soigné et reconnaissable. Je vous conseille de passer un moment à regarder le beau catalogue, passionnés d’histoire attention, vous ne pouvez pas passer à côté de ces ouvrages !
Si tu devais définir ton livre en 3 mots? Et en en un peu plus de mots?
Pour qui ce livre? Je ne veux pas savoir pourquoi mais connaître le public que tu vises et si l’écriture a été pour toi un moyen de transformer les maux en mots.
Quel est ton plus beau souvenir liée à ton aventure littéraire?
Carte bleue -non sorry – Blanche: Je te laisse la parole pour un message que tu voudrais délivrer …
1. Trois mots : Panache, insolent, romanesque Et en un peu plus : C’est un roman que j’ai voulu désinvolte, caustique, ironique mais également ponctué d’humour et d’autodérision.
2. Je ne cherche pas un public en particulier. Je vise tous les lecteurs, quels qu’ils soient, les curieux d’un nouvel auteur, les lecteurs compulsifs ou occasionnels, les passionnés de littérature, etc. La littérature s’adresse à tout le monde. Le lecteur doit trouver dans la narration des échos de sa personnalité. Au cœur du singulier, il y a l’universel. Dans un roman et un premier roman d’autant plus, il y a toujours un peu de soi ou du moins une exposition de soi. J’ai voulu traiter un motif rare en littérature : le handicap. Le transfigurer par la fiction, par la vérité de la littérature pour montrer qu’il pouvait être un propos complètement romanesque. C’est un sujet qui effraie, car on imagine quelque chose de pesant. On s’attend à un récit moiré de pathos, un brin victimaire et les gens n’ont pas envie de ça. Une narration incisive pour éviter les stéréotypes et l’apitoiement m’a permis de désamorcer ces contraintes. Je souhaitais en jouer, m’en moquer. Mais les thèmes présents dans « Marche ou rêve » sont bien plus vastes que le seul motif littéraire du handicap : l’amour, l’identité, le regard, etc. Je laisse le soin aux lecteurs de le découvrir !
3. J’ai deux souvenirs liés à cette aventure littéraire : le premier est le travail éditorial réalisé avec mon éditrice Roxane Defer. J’ai aimé les échanges, les discussions, tout ! Et le deuxième, ce sont les rencontres avec les lecteurs et lectrices lors des différents événements culturels (salons, dédicaces, etc…). Des moments de partage savoureux.
4. Carte Blanche Pour finir sur un message : lisez, ayez la curiosité de découvrir de nouvelles plumes, échangez, aimez, détestez, la littérature nous anime et nous élève ! Lire, c’est s’évader et s’évader, c’est être libre !
Ce livre d’anticipation conjugue de nombreux espoirs :
que la France survive à la mondialisation et conquiert sa place dans le concert des planètes,
que l’universalisme français se répande dans sa propre fédération stellaire,
que la déclaration des droits de l’homme de 17 89 touche l’esprit des populations extra-terrestres,
même si l’auteur reste conscient des travers de la réal-politic coutumière des gouvernements depuis 62.
J’ai vraiment souri aux nombreux emprunts à la littérature française pour nommer les colonies, leurs villes et quartiers : une planète nommée Rabelais et sa capitale Gargantua a quand même plus de gueule que le fade Alpha 177 de Star Trek, que le vaisseau spatiale s’appelle Ulysse 31 m’a cependant un peu gênée car du coup j’avais le générique dans la tête a chaque fois et attendais nono le petit robot au détour d’une page.
Un excellent livre qui donne à la science-fiction une ouverture nouvelle vers l’anticipation politique.
Le Marquis de Sade (1740-1814) était un écrivain et humaniste du siècle des Lumières, grand Défenseur de la liberté, sans limites et sans morale religieuse. Son œuvre, qui est à la fois la théorie et l’illustration de ce qu’on désignera par « le sadisme », forme un ensemble de sa vision philosophique . Même si on ne considère pas ses textes comme proprement philosophiques. Son œuvre est habituellement séparée en deux : il y a, d’un côté, l’œuvre publique et reconnue par l’auteur et, de l’autre, l’œuvre clandestine, sulfureuse. Connaître la vie de Sade est une condition sine qua non pour comprendre son œuvre. Toutes ses œuvres.
Le livre qui nous intéresse est un recueil de textes historiques de Sade. 3 héroïnes pour trois époques, des ambiances et des décors différents mais une vision et des réflexions communes animent ses romans. J’affectionne particulièrement ces textes. La grande Histoire devient moyen d’action, de rébellion.
Sade est un auteur qui extériorise, toujours.
La même ardeur mais avec des dosages différents d’audace. Le flamboyant est une nécessité pour lui. Sade n’écrit pas de façon isolée et solitaire. Sa vision et ses œuvres occupent tout l’espace. Je vous conseille ce livre, pour compléter vos connaissances, ou, seulement pour surmonter un tabou qui vous priverait de la connaissance d’un homme sulfureux à l’écriture limpide et singulière. Une porte d’entrée pour comprendre la totalité des écrits du marquis.
Et pour approfondir rien de mieux que : Sade : une esthétique de la duplicité: Autour des romans historiques sadiens ( oui oui dans ce cas on ne dit pas sadiques) chez Classiques Garnier
Le point de vue d'un jeune philosophe :"
« Pardonnez-moi seigneur, si tant est que vous existiez,
car c'est en opposition aux lois de la nature que je n'ai pas assez pêché. »
Un désir peut-il être mauvais ? Y-a-t'il des fantasmes qui puissent être condamnés
moralement même sans réalisation ni projet de les expérimenter ? On pourrait continuellement enflammer les plus viles passions en nous que nous aurions toujours les mains propres si jamais elles ne deviennent acte. Il y a même paradoxalement une vertu plus admirable chez les vicieux qui se retiennent que chez les bons qui ne font pas le moindre effort pour agir en vu du bien. Mais que penser de ceux qui ont trouvé un exutoire, un moyen d'expression de leurs désirs ? Que dire d'une
œuvre sulfureuse ? D'un œuvre dont la morale n'est qu'à cause de la finitude humaine qui nous empêche d'aller aussi loin qu'on le voudrait. D'un catalogue des violences et des abus avec comme mot d'ordre « toujours plus ». Qu'importe, ce n'est qu'un livre après tout.
Et si son auteur fut l'un des prisonniers de la Bastille, il ne fut pas le plus grand criminel de son temps comme on pourrait l'imaginer en lisant ses écrits. Il y enchaine les victimes, jouit du meurtre et plus encore, il s'en justifie. Il théorise une anthropologie perverse et brutale, un état de nature
contre lequel la société se serait construite pour retenir les hommes et leurs passions destructrices. Il laisse place à son imagination pour écrire et décrire, mettre en scène ses fantasmes, montrer ces deux vérités que l'on ne voudrait pas voir mais qui sont bien en nous : Que le mal est désirable et qu'il peut être jouissif.
De faibles âmes réfutent par pudeur, et même sans le reconnaître par un orgueil dont elles jouissent, qu'elles puissent aimer infliger ou souffrir de la douleur, de la honte, de l'humiliation, de la violence et de la destruction. Mais même si l'objectif était de garder le Contrôle de soit, le déni serait-elle la
meilleure des stratégies ? Ou ne faudrait-il pas affronter son propre psychisme directement, apprendre à le connaître dans ce qu'il a de plus inacceptable et de plus refoulé. Tous les interdits y sont gravés, cachés mais là, sous-jacents et affectant notre esprit sans qu'on ne l'aperçoive. Ça repose en moi et il me faut y faire face.
En ce sens, s'il peut être difficile de lire Sade à des fins de stimulation tant les limites sont constamment dépassées dans l'excès, ce qu'il a écrit à un intérêt initiatique indéniable. Il montre la partie obscure en nous et peut nous aider un peu plus à réaliser la maxime de l'Oracle de Delphes
« Gnỗthi seautόn » et de suivre l'injonction de Pindare à devenir ce que nous sommes. Il peut inspirer d'autres écrits plus modérés, des moyens d'exprimer sainement ce qui est pervers, nous pousser à explorer nos pratiques au-delà des limites des mœurs sans que cela ne soit nécessairement contraire au souverain Bien. Nul besoin de le commettre, seulement de savoir que le meurtre a un effet incomparable sur les sens. Non plus d'abuser d'autrui lorsque cela peut être consenti dans un jeu de rôle ou dans une fiction littéraire. Et puis de tout façon, quiconque souffre de désirs qui le poussent beaucoup trop loin peut trouver un défouloir dans l'art. C'est bien à cela qu'elle sert.
Ainsi, à lui comme aux autres libertins, la culture kink et ses praticiens lui sont redevables. Mais que jamais ne soit oublié ce petit paradoxe avant la lecture, que contrairement à ce que semble signifier
l'adjectif issu de son nom, il n'y a rien de plus masochiste que l'écriture du point de vue de la victime
et que de fantasmer son bourreau.
Benoît Soler, le 11/07/2023"
Qu’y-a-t-il de commun entre Moliére, Mary Sheilley, Dumas, Poe, Xenophon, Proust, Mme de Stael, Chrestien de Troyes, Balzac et Labiche ? Ils sont tout, et tous, à la fois les fondations de la littérature et au faîte de celle ci. Une maison d’édition s’attache à les réunir dans une collection avec les meilleures traductions s’il y a lieu, et surtout un travail critique de chaque œuvre. Les français sont, malgré tout, des plumitifs ! Ils produisent à nulle autre pareil un nombre impressionnant de nouveaux livres chaque années, et il est facile de se laisser emporter par ces vagues de nouveautés et reléguer les auteurs dont nous conservons au mieux, un souvenir scolaire. Alors si en plus on rajoute la littérature étrangère, il y a largement de quoi se divertir et papoter autour d’un thé.
Et pourtant, il y a un trésor de pièces jaunes qui n’attend que de se livrer : la collection des Classiques Garnier, Lire Chréstien de Troyes donne un saveur particulière aux dernières productions Marvel, Mary Sheilley éclaire les débats sur la bioéthique tandis que le couple Molière-Labiche explique la politique française. Il y a des livres sympathiques que l’on lit avec plaisir, mais lire un classique: c’est bien plus que cela, on peut en parler avec ses amis, ses enfants, ses parents, cela devient une expérience partagée, un patrimoine commun qui s’augmente à chaque page.
Quant au travail critique : préface, notes et notices , celui-ci est devenu si pertinent au fil du temps qu’il a permis à Classiques Garnier de publier des études, des essais des meilleurs auteurs sur la littérature française et francophone, les littératures étrangères, la linguistique, l’histoire, l’art, la musique, le droit et les sciences économiques et sociales. La maison des Classiques Garnier est à l’édition ce que Santa Maria Novella est à la parfumerie : le passé et le futur d’une littérature devenue intemporelle . Elle assume une mission d’intérêt général
Je n’ai pas pu rencontrer Keith Haring, à cause de mon âge, trop jeune et de sa maladie : mort trop jeune. J’aimerais toujours son art et son engagement. Mais j’ai eu l’incroyable chance de rencontrer un autre artiste génial et qui vit dans son époque et utilise son art pour embellir le monde et aller où personne ne veut aller, non non ! ce n’est pas une nouvelle série Star Trek « là où aucun homme… »
C’est un artiste. Il a commencé comme Keith dans la rue, Avec ses pochoirs C215 a évidemment attiré l’attention, il fait des beaux chats et des pochoirs dignes de La Chapelle Sixtine et des portraits de Taubira et des portraits de Jaurès avec des vrais éclats de balles comme celles qu’ils l’ont tué et… Artiste installé à Vitry-sur-Seine, Christian Guémy alias C215 matérialise ses pochoirs depuis 2006 là où la ville est la plus laide dans les banlieues que tout le monde oublie.
C215 pour montrer son soutien aux populations en souffrance, sans être à des kilomètres des conflits. inlassable témoin des grandes injustices de notre temps s’est rendu en Ukraine au début du conflit, pour travailler sur place, ses pochoirs réalisés sur des supports éphémères d’un art éphémère, dans des lieux où la vie devient éphémère. Emblématique et marquante sa « Liberté guidant le peuple » aux couleurs de l’Ukraine. Le 29 juillet dernier, Christian (oui je peux l’appeler comme ça je le connais lui !!!) recevait de la main d’un Sénateur des Français de l’étranger, la médaille honorifique du Sénat pour ses mérites de bénévole en particulier dans nos prisons. Mon « nos » est volontaire car elle sont bien dans le territoire français avec des détenus vivants en France. Cette médaille honorifique est finalement très concrète pour témoigner que institutions et artistes peuvent se connaître et reconnaître pour faire au mieux dans les lieux qu’on a envie d’oublier. Fresnes, Melun partout où il peut et on l’autorise à aller, ces lieux ont un instant de lumière. C215 croit profondément en la réinsertion, il mène des incroyables projets depuis 10 ans. J’admire la constance dans son engagement continue. J’aimerais voir un monde peint avec ses œuvres et mené par ses convictions qui sont aussi fortes que son art.
Je voudrais vraiment éviter l’hagiographie et je la frôlerais probablement en rajoutant qu’il est un super papa et homme qui ne juge pas, on va éviter hein c’est trop.
J’ai un tatouage avec « the radiant Baby » de Keith Haring à ma cheville gauche, si je me lève de mon fauteuil roulant et que je marche je peux faire tatouer une mini œuvre de C215 sur la droite ? Sorry, il semblerait que là je passe dans l’idolâtrie carrément, alors je passe la parole à l’artiste pour une seule question : Pourquoi dans les prisons (entre autres) ? « Je peins dans les prisons car ces lieux sont les rebuts de la société, et contrairement à ce que la république souhaiterait, ce sont des lieux dans lesquels les vies s’effondrent et ne se reconstruisent que très rarement. La modernité nous amène, dans son esprit, à une société de disqualification et d’élimination, comme dans les jeux télévisés les plus sordides. Même le métier de surveillant est disqualifiant, et il y a une terrible crise de recrutement de ce fait. Alors j’essaie d’apporter quelque chose d’humain et de lumineux à cet endroit.
Et surtout, je tiens à le préciser, je suis heureux d’avoir obtenu la médaille du sénat par Yan Chantrel pour mon travail bénévole dans les prisons, car politiquement, peu de politiques s’engagent pour une amélioration des conditions de détention. En effet électoralement cela ne rapporte rien. »
Merci Christian Guemy ! Je crois avoir trouvé, ce n’est pas une hagiographie, même pas de l’idolâtrie, juste une grande estime pour l’homme et pour l’artiste. Qui sait ? vous trouverez peut-être un jour un pochoir de sa création sur votre boîte à lettre : autre lieu de prédilection !! Surtout, C215, ne change rien !
Je vous conseille la lecture de plusieurs ouvrages qui parlent de C215 (dans les photos) Vous verrez que sa parole et ses images s’accordent avec poésie.
Guerre en Ukraine, Critères éditions, Grenoble, 2023 L’art de s’effacer, Pyramid éditions, Paris, 2022 Ombre et Lumière, Critères éditions, Grenoble, 2022 Nuit de lumière, Kiwi éditions, Paris, 2022 Hors du temps, Critères éditions, Grenoble, 2021 Manuel du pochoir, Christian Guémy, Eyrolles éditions, Paris, 2020.
Cet album m’a attirée pour sa belle couleur et sa couverture. Plongée dans l’inconnu donc car je ne connaissais pas la maison d’édition, erreur, grave erreur, car en suivant leur actualité, je trouve leurs œuvres de qualité. L’album est un remarquable cheminement à découvrir au travers des saisons. Délicat et fort en même temps, c’est une belle prouesse. Le texte poétique accompagne et épouse à merveille les images.
J’ai eu l’impression de cheminer dans des tableaux de John William Waterhouse (peintre britannique). Proche du style et des sujets des préraphaélites, il est connu pour ses tableaux inspirés de la mythologie et de la littérature, et Arcinboldo, peintre maniériste italien, célèbre comme auteur de nombreux portraits suggérés par des végétaux, des animaux ou des objets astucieusement disposés, comme sa représentation de Vertumne Rodolphe II.
Un album agréable à lire et de toute beauté à regarder. Je le conseille vivement car les mots qui se font place dans les illustrations ont une forme poétique pour une pensée philosophique. Il suffit de le feuilleter dans une librairie pour tomber amoureux du contenu et du contenant. Une tentation pour toutes les saisons
Alors, un devin, une pythie, un nécromancien. Il y a l’embarras du choix ! Nous voyageons dans le royaume des croyances des grecs anciens, et l’archéologie nous aide à tracer le parcours. C’est super intéressant de mieux comprendre mieux, de presque déchiffrer la pensée et les mythes.
On parle de Platon, d’Apulée, de l’Odyssée et de la pauvre Cassandre. Ce livre est une étude pointue et prenante sur la pensée et sur l’omniprésente de l’éternelle question : Le futur, l’à venir est-il déjà tracé, immuable ? Finalement les Grecs du passé sont fluctuants, il passent beaucoup de temps et d’énergie pour connaître et tenter de changer les événements du futur.
Les Dieux sont évidemment présents et agissent parfois sous forme humaine choisie ou comme le pense Platon: il montrent uniquement leur vrai visage. Ah j’oubliais presque les Nécromancies, car les morts sont parfois des acteurs actifs des prédictions.
Comme dans toute société les malvoyants Dieux ou humains existent, L’Odyssée ne s’appelle pas comme ça pour rien hein. Bilan, une lecture fort passionnée et instructive. Les Belles Lettres sont encore une fois synonyme de de Belle Lectures. J’ai maintenant envie de relire L’âne d’or et de parler de nécromanciens, avec un ami qui a choisi un Nécromancien comme personnage de jeu de rôle. En lisant j’ai eu l’impression de retrouver ma prof de Grec ancien. Souvenirs et nouvelles connaissances ! Pour moi la magie a opéré, je vous le conseille et prédis un avenir qui comportera la lecture de ce livre.
« La mythologie cachée dans Batman, Superman, Thor, Wonder Woman … » de Gwendal Fossois fait partie de ces livres qui établissent un pont entre la culture philosophique et la Pop culture.
« Rien ne naît de rien » écrivait Lucrèce un siècle avant JC, les univers Marvel et DC en sont les preuves, ce que ce livre démontre sympathiquement. Je ne sais pas s’il suffirait à réconcilier Scorsese avec Kevin Feige, mais il explicite le contenu immèmoriel et archétypal du thesaurus comics.
J’ai particulièrement apprécié l’exhaustivité de la culture comics de l’auteur, qui balaye l’ensemble des Héros, Vilains et artefacts autant Marvel que DC (dommage pour Hellboy, Spawn et V qui auraient pu trouver une petite place)
C’est un livre qui donne envie de relire Hésiode et Homère entre autres dans « la bibliothèque mythologique idéale », (les belles lettres) puis de revisionner l’ensemble des films et séries Marvel depuis 2008 pour voir s’il n’y a pas des clés et emprunts qui auraient échappés à l’auteur.
L’histoire est belle, le format permet de voyager avec et la collection est un gage de qualité.
Encore une fois c’est l’artiste inspirateur de l’histoire qui a retenu toute mon attention, vraiment toute mon attention.
On dévore ce livre et on y apprend énormément de choses, de détails, historiques ou romancés. Les éléments romancés vous allez le ressentir, si vous aimez l’artiste, sont totalement plausibles et emboîtent cette histoire dans l’Histoire de l’artiste.
Parlons un peu du titre et de la couverture du livre !
« Le baiser » et le triomphe de la période « dorée» de Gustav Klimt.
Les dorures qui illumineront Vienne et qui nous touchent toujours, nous les devons probablement à son père, orfèvre, le peintre à l’aise avec ce métier, utilise dans le Baiser un revêtement de poudre dorée. Cet arrière plan lumineux constitue un fond doré pour les deux amants.
Le Baiser est conservé au Palais du Belvédère à Vienne.
Moderne, l’art de Klimt se rattache au mouvement symboliste. L’artiste démontre ici son habilité à travailler plusieurs teintes dorées, il aborde par ailleurs une étreinte amoureuse née de multiples inspirations, dont les estampes japonaises. Bel exemple d’Art Nouveau.
Ce tableau devient un symbole.
Pour revenir au livre l’écriture est fluide et légère comme une feuille d’or.
Klimt pour moi inspire différente sensations et souvenirs.
Une beau voyage à Vienne où l’artiste et la ville s’embrassent comme dans le tableau. Vous ne partirez pas sans un gadget inspiré par Klimt.
Tout un tas de petits objets, cahiers, verres habitent chez moi, j’aime la vision de Warhol et Keith Haring : L’art est pour tous et elle doit être reproduite.
Expositions, expositions immersives, artistes qui s’inspirent de l’art du viennois. Tout est occasion , pour moi de passer un moment en compagnie de l’artiste.
J’ai un magnifique tableau d’Artiste Ouvrier, pochoiriste de renom qui s’inspire des formes et de l’art de Klimt, plusieurs œuvres l’ont inspiré.
J’ai eu un grand plaisir en lisant ce petit livre car on plonge dans les pensées et dans l’époque Art Nouveau qui tant me fascine.
Lire un guide c’est bien, comprendre les émotions est encore plus enrichissant.