Culture insurgé, bell hooks, Payot. « Résister à l’hégémonie culturelle, décoloniser nos imaginaires »

Culture insurgé,  belle hooks, Payot. « Résister à l’hégémonie culturelle, décoloniser nos imaginaires »

Elle choisit un nom en minuscule, volonté de rester au second plan derrière ses écrits et ses idées

La culture est champ de bataille, miroir déformant, usine d’assignations. Et l’autrice, avec l’acuité d’une intellectuelle nourrie à la fois des théories féministes noires et d’une colère lucide, ausculte ces formes populaires pour en déloger les violences discrètes : le white gaze, le backlash antiféministe, la marchandisation des corps transgressifs, la dégradation des femmes dans le rap gangsta, ou encore la manière dont les œuvres d’artistes non-blancs se voient souvent neutralisées par la réception dominante.

bell hooks ne s’en tient pas à dénoncer ; elle propose un chemin en trois mots : montrer, combattre, changer, qui rappelle que la critique politique se doit d’être performative : voir les mécanismes, les combattre ensemble, imaginer d’autres récits. Ses analyses de figures aussi diverses que, Ice Cube, Jean-Michel Basquiat, Madonna, Spike Lee ou de films comme La Couleur pourpre ou Boyz n the Hood et d’autres, ne sont jamais gratuites : elles composent une histoire parallèle, celle des imaginaires racialisés et genrés, où les luttes pour la reconnaissance questionnent notre rapport au beau, au populaire, au désirable.

Quelques mots sur le contexte éditorial et intellectuel : Payot publie ici un ouvrage qui rejoint la série des textes-clefs du féminisme critique et antiraciste récemment remis en circulation, à un moment où la question de la décolonisation des imaginaires est devenue urgente dans les débats publics. La préface de Fania Noël tisse un pont entre la temporalité des combats de bell hooks et la génération actuelle des penseur·se·s décolonial·e·s, rappelant que penser culturellement, ce n’est jamais neutre : c’est une responsabilité.

Si l’on devait résumer l’effet de lecture : un sentiment d’urgence apaisé : urgence parce que les mécanismes décrits sont omniprésents et profonds ; apaisement parce que l’autrice offre des outils conceptuels et moraux pour riposter. Sa posture n’est jamais misérabiliste ; elle est exigeante, tendre parfois, implacable souvent. Elle refuse la fatalité et invite à la remodélisation des imaginaires : remettre au centre les voix niées, ausculter les alliances de pouvoir, repenser les formes artistiques comme espaces de libération et de conflit.

Pour un lecteur de la pop contemporaine, de l’histoire des représentations ou du militantisme culturel, Culture insurgée est une lecture nécessaire, salutaire même. Ce livre rappelle que la culture est un terrain de lutte où se jouent nos manières d’aimer, de nous penser et d’habiter le monde.

Comme en amour, Alice Ferney, Actes Sud. Une ode subtile à l’amitié qui défie le temps et les passions

Comme en amour, Alice Ferney, Actes Sud. Une ode subtile à l’amitié qui défie le temps et les passions

Alice Ferney a, à mon avis, une manière d’écrire qui ressemble à une lumière tamisée : elle n’éblouit pas, elle révèle. Dans Comme en amour, son dernier roman chez Actes Sud, l’autrice reprend ce qu’elle sait faire de mieux, détailler les mouvements intimes des âmes, et en fait le théâtre discret d’une interrogation simple et dévorante : comment naît l’amitié entre un homme et une femme, et jusqu’où peut-elle tenir face aux désirs, aux choix, aux trahisons possibles ?

Alice Ferney construit son livre comme une conversation, non pas une succession de phrases, mais un va-et-vient, un balancement de confidences, de silences et de contradictions. Marianne, styliste franche et ancrée, et Cyril, chroniqueur caustique et plus caché et énigmatiques , se rencontrent dans l’espace feutré d’une interview. Instantanément, la connivence. Instantanément, l’illusion d’une évidence : la parole suffit à créer un monde partagé. Et puis, chapitre après chapitre, quarante brefs mouvements, comme autant de respirations, la relation se précise, se trouble, s’éprouve. L’écriture, légère et incisive, épouse ce rythme dialogué. On lit comme on écoute, attentif à chaque inflexion, à chaque omission.

On retrouvera chez AliceFerney, vingt-cinq ans après La Conversation amoureuse, la même foi dans la capacité de la parole à bâtir des existences. Mais ici l’enjeu change : il s’agit moins d’un amour immédiat que d’un compagnonnage. L’autrice explore avec tendresse et cruauté les zones grises : tolérance aux opinions, acceptation des défauts, place des élans amoureux, frontières du secours et de l’ingérence.

Le roman séduit par sa maîtrise du détail et par sa capacité à humaniser ses personnages sans les sanctifier.

En refermant l’ouvrage, on conserve la sensation d’avoir assisté à une mise à nu délicate : la tendresse pour ses personnages et la lucidité pour leurs contradictions.

Première sélection 2025 du Prix Hors Concours 

Bonjour David Hury, Comment habillez-vous vos personnages ? 

LE LIVRE

Paris, août 1945. La guerre n’est pas terminée pour tout le monde. Andrée, une Normande mariée à un décorateur juif, espère son retour d’Auschwitz. Reviendra-t-il ? Qui l’a dénoncé ? Comment a-t-elle arraché leurs enfants du camp de Drancy ?

L’AUTEUR

Né en 1973, David Hury est installé à Paris, avec un pied en Normandie et le cœur à Beyrouth. Photographe, romancier et journaliste, il travaille d’où ça lui chante. Correspondant pour différents médias dans la capitale libanaise pendant dix-huit ans, il a publié plusieurs romans.

LA MAISON D’ÉDITION

Riveneuve est une maison d’édition née à Marseille en 2001 avant de devenir parisienne. Ouverte sur le monde, elle édite un peu moins d’une vingtaine de livres par an, en sciences humaines, littérature, beaux livres et BD, ainsi qu’une collection de poche emblématique sur papier kraft « Pépites ».

Couple, splendeurs et misères de la vie à deux — Nora Hamzawi — Le Seuil 

 Merci Nora de m’avoir éloignée un instant du réel en me plongeant dans le réel des autres couples !

Dans ce roman-photo la confidence se fait sketch, et le quotidien devient scène.

Nora Hamzawi, depuis ses premières apparitions radiophoniques et scéniques a cette façon singulière de vous attraper par la manche pour vous murmurer les petites catastrophes du cœur. Son recueil Couple, splendeurs et misères de la vie à deux, publié au Seuil, ouvre soixante fenêtres sur l’intimité conjugale où l’on rit, où l’on grimace, où l’on se reconnaît.

Nora Hamzawi campe un personnage terriblement attachant : une femme qui aime, doute, s’énerve pour une dinde mal rôtie, qui fantasme et se remet en question en une phrase. Chaque saynète fonctionne comme un sketch radiophonique — rythme précis, chute cinglante, et ce sens du détail qui transforme l’anodin en émotion. L’humour naît de la mise à nu : on rit de nos failles pour mieux les apprivoiser.

Le livre déroule des scènes familières, comme une belle‑mère envahissante, et les transforme en petites tragédies domestiques où la tendresse n’exclut jamais l’ironie. La plume est sèche et vive, travaillée pour l’effet immédiat ; elle vise la reconnaissance. On rit parce qu’on se reconnaît, et l’émotion surgit dans la précision du portrait.

Nora Hamzawi, comédienne et chroniqueuse née au début des années 1980, a tracé un parcours entre stand‑up, radio et télévision. Elle appartient à cette génération d’auteurs‑interprètes qui font de l’observation intime un matériau politique et poétique. 

Josiane Balasko est tout simplement formidable, Augustin Trapenard à toujours un livre à la main et c’est vraiment drôle de voir dans  un milieu artistique pluriel et engagé, ça explique en partie son ton hybride, à la fois populaire et finement travaillé.

Ce recueil est une collection de miroirs : il renvoie l’image d’une société où l’amour durable est une négociation quotidienne, faite de renoncements, de rires et d’efforts. La brièveté des scènes offre la même sensation qu’un zapping complice sur une station aimée : on revient, on s’attache, on repart. Et malgré la drôlerie, subsiste une mélancolie discrète, l’idée que l’amour exige de réinventer sans cesse la proximité.

Couple, splendeurs et misères de la vie à deux est une lecture qui console : elle fait rire, parfois grimacer, mais surtout rappelle que nos ridicules partagés valent mieux que le silence.

Interview de Camille Bordenet  autrice de Sous leurs pas les années, Robert Laffont. Un retour aux lieux où s’écrivent nos silences.

Sous leurs pas les années est un récit où la géographie intime et la mémoire s’emmêlent, où deux femmes se scrutent à la lumière froide d’un Valfroid autant réel que symbolique. Camille Bordenet signe une entrée en scène littéraire s’inscrivant dans une lignée d’auteurs et autrices  qui explorent la France périphérique avec empathie et acuité. On sent chez elle une formation attentive au récit choral et à la chronique sociale, la phrase en exergue est de Marie-Hélène Lafon autrice que j’aime et qui compte pour Camille Bordenet.

L’histoire et celle de qui Constance revient de Paris, où sa voix a trouvé l’écho clinique des plateaux télévisés ; elle ramène avec elle l’élégance austère d’une vie publique et l’appréhension douce-amère du retour. Jess, qui n’a jamais quitté le bourg, incarne la permanence des lieux, cette fidélité rude aux hameaux, aux chemins boueux, aux salles des fêtes qui battent au rythme des saisons électorales. Leur amitié, forgée à l’adolescence, devient l’objet d’un examen attentif : que reste-t-il d’un lien quand les chemins divergent ? Peut-on reconnaître l’autre après tant d’années passées à se réinventer, ou à n’être personne d’autre que soi ?

Constance paye le prix d’un départ, Jess celui d’un enracinement qui pèse.

La prose de Camille Bordenet fait le pari du détail (non pas pour accumuler, mais pour sculpter).

Les descriptions du Valfroid sont à la fois sensorielles et métaphoriques : la brume n’est jamais décor, elle est état, complice et obstacle. L’autrice scrute les gestes minuscules (un café partagé, une porte qui grince, un banc au bord d’un chemin) et en tire la dramaturgie d’une relation qui vacille.

On lit dans ce livre une attention marquée pour la France périphérique, ses solidarités, ses inquiétudes, ses aspirations enfouies.

Aucune caricature ici : ses personnages font preuve d’une ambivalence humaine, ni tout à fait victimes ni entièrement coupables.

Quant à la langue, elle joue sur un registre élégant, parfois lapidaire, souvent suggestif. 

On remarque comme dans Les Hauts de Hurlevent, la condition sociale des personnages  grâce au registre linguistique employé : langue régionale ou standardisée.

La structure du roman, pensée comme une remontée dans le temps et un examen des pas, épouse le thème même du titre : sous leurs pas, les années ont laissé des traces.

Un livre qui invite à se perdre dans les brumes du Valfroid et à écouter, sous les pas, la musique fragile des années.

Queer, Inès Liotard et Philippe Liotard, Anamosa

Un manifeste tendre et combatif pour se nommer

Ce Queer des éditions Anamosa s’impose comme une parole conjuguée : érudite sans froideur, militante sans dogmatisme, intime sans renoncer à la portée politique. En près de 110 pages, les auteurs font dialoguer générations, terrains et traditions intellectuelles pour montrer que « queer » ne se contente pas d’être un mot, c’est un geste, un projet collectif, une manière de tenir face aux normes. Ils retracent sa généalogie transatlantique, rappellent son histoire militante et académique, et surtout donnent à entendre les usages pluriels de ce terme qui, longtemps injurieux, s’est réapproprié pour devenir bouclier et boussole.

Inès Liotard, issue du milieu universitaire et des métiers du livre, et Philippe Liotard, chercheur engagé sur les questions LGBTQI dans le sport, mêlent leurs voix avec une complémentarité évidente. Leur écriture, claire et chaleureuse, fait la part belle aux exemples concrets et aux récits de vie : on lit des scènes, des décisions, des gestes qui éclairent la théorie. Le propos n’est jamais obscur ; il s’adresse à celles et ceux qui cherchent à comprendre comment se construisent les identités, comment se tissent les solidarités, et comment une pensée critique peut transformer les pratiques sociales.

L’un des mérites de l’ouvrage est de présenter « queer » comme une boîte à outils conceptuelle (flexible, provocante, inclusive) plutôt que comme une étiquette fermée. Les deux Liotard montrent comment le terme articule sexualité, genre, classe, âge, et comment il sert de recours face aux injonctions hétéronormatives. La référence à des penseuses comme Monique Wittig, sans être un simple exercice de style, inscrit le livre dans une lignée où théorie et émancipation vont de pair.

Ce bref essai clarifie sans asséner, invite sans morigéner, et donne envie d’approfondir. C’est une lecture qui éclaire les débats contemporains et nourrit la réflexion collective. Queer, ici, se lit comme une invitation à nommer autrement, à résister ensemble, à reconnaître la beauté des vies qui refusent d’entrer dans les cases.

Par Dewaere Moi : confession en furtive

Seul en scène d’une générosité rare. 

Un comédien de série se frotte à l’ombre d’une icône et fait surgir, dans la langue et le silence, la turbulence d’une époque. Julie Allainmat signe un texte qui cisèle les failles sans lyrisme encombrant et la mise en scène mise sur la proximité pour transformer le doute en moteur dramatique. L’acteur capte la salle par une double énergie, bravade et fragilité, qui rend audible le syndrome de l’imposteur comme on entendrait un secret partagé. On rit, on se tait, on repart avec la sensation d’avoir assisté à une conversation intime sur la transmission et le désir d’être vu.

Le spectacle réussit également à nous parler de notre rapport à l’auteur et à l’icône : comment aimer sans posséder, comment interpréter sans trahir ? La pièce pose la question de l’héritage culturel avec délicatesse 

Je vous conseille cette pièce.

On ressort de la salle comme après une conversation indispensable, un peu chaviré, avec le sentiment d’avoir assisté à un petit miracle : la réconciliation provisoire entre le théâtre et ses fantômes.

Le symbolisme – Jean‑David Jumeau‑Lafond & Pierre Pinchon – Éditions Citadelle & Mazenod

Un livre‑lieu où l’on apprend à rêver debout.

On entre dans ce volume comme on franchit une porte qu’on croyait fermée : non par érudition sèche, mais par curiosité vivante. Les deux coordinateurs tissent des rencontres inattendues (Gauguin qui souffle à Moreau, Rodin qui hésite à danser avec Brancusi) et cette façon de rassembler crée des conversations entre œuvres plutôt que des listes savantes. Le ton est chaleureux, parfois joueur, toujours attentif : on sent des auteurs qui aiment ce qu’ils racontent et veulent nous le partager.

Les chapitres choisissent l’affect plutôt que la chronologie. Ils montrent comment le symbolisme n’est pas un style figé mais une manière de sentir, de peindre l’invisible, faire entendre l’âme d’un objet, rendre palpable une mélancolie. Les images abondent et respirent ; elles sont montrées comme des voix, pas comme des trophées.

Ce qui frappe, c’est l’humilité du parti pris : élargir sans diluer, proposer sans imposer. Le livre ne prétend pas tout dire, il invite à regarder autrement, à se laisser surprendre. Il s’adresse à ceux qui aiment tourner les pages avec un thé chaud, à ceux qui veulent que l’art leur parle bas et sincère.

Pour les étudiants aussi, ce livre se révèle un support.

Un grand beau‑livre, généreux et humain, à placer sur la table du salon pour y revenir comme on reprend une conversation chère.

C’est le cadeau idéal.

L’Entroubli / Thibault Daelman / Le Tripode au Zimmer

J’ai rencontré Thibault Daelman dans un café parisien, Le Zimmer, son premier roman, L’Entroubli – Le Tripode est une merveilleuse découverte.

Sous le ciel souvent gris et chargé du Paris populaire, Thibault Daelman nous plonge au cœur d’une fresque familiale bouleversante avec « L’Entroubli ». Une mère, héroïne du quotidien, habite ce récit avec une force qui défie la fatalité. Débordante d’amour et de courage, elle s’efforce chaque jour de maintenir à flot sa famille, malgré la présence écrasante d’un père absent, englouti par l’alcool. Ses cinq fils, chacun explorant sa voie sur ce chemin semé d’embûches, nous rappellent vivement que grandir est une aventure parsemée de larmes et de rires.

Le lecteur suit particulièrement le parcours poignant de l’un des fils, un jeune garçon qui transforme les tumultes de sa vie en une nécessité d’écrire. L’écriture jaillit alors comme un cri, une rébellion douce mais vigoureuse contre l’adversité. 

L’auteur, à travers une plume d’une rare intensité, nous montre que les mots deviennent un havre, un lieu où la vraie vie peut enfin éclore, libérée des entraves de la réalité.

Thibault Daelman peint avec une délicatesse sensible les portraits de ces êtres qui, malgré les épreuves, portent en eux une lumière indéfectible. À travers des phrases qui résonnent comme des balades poétiques, il capture l’essence d’une humanité aussi fragile qu’admirable.

« L’Entroubli » est un hommage littéraire à la puissance salvatrice des mots, un voyage intérieur qui a aussi une portée sociale.

Décrire le réel de cette manière suffit à déclencher dans les lectrices et lecteurs un regard sur les difficultés de notre monde, c’est aussi l’art de cet écrivain.

Que faire de la littérature ?, Édouard Louis, publié chez Flammarion

Édouard Louis, c’est cette voix radicale et sincère, qui a su faire vibrer la littérature francophone avec ses récits autobiographiques, tous disponibles chez les éditions Points.

Édouard Louis incarne une conscience sociale, une conscience politique, un regard aiguisé sur les oppressions, les injustices, la violence sociale. Il refuse les frontières entre autofiction et essai, parce qu’il cherche la vérité dans le cri, dans la mémoire, dans la lutte.

Que faire de la littérature ?, publié chez Flammarion, est un livre important, traversé par une passion pour l’histoire littéraire, il questionne ses impensés, ses silences, ses NON dits. Il déplace le regard, met en confrontation la poésie et le combat, l’intimisme et la confrontation politique. Ici, la littérature n’est pas simplement une échappée, mais un acte de résistance, une arme contre l’indifférence. 

Édouard Louis invite à dépasser la traditionnelle opposition entre littérature politique et littérature formelle, entre parole et écrit, entre récit intime et œuvre de combat. Son propos est un appel à une écriture lyrique, vibrante et révolutionnaire, capable de faire fi des conventions fatiguées. La confrontation devient alors un dialogue, un espace de liberté où la voix de l’écrivain se relie à celle de la société.

Ce livre, dans sa forme d’entretien avec Mary Kairidi, interroge la responsabilité de l’écrivain dans un monde qui vacille, lui rappelant qu’écrire, c’est aussi prendre position. La littérature, pour Louis, doit être cet outil de sublimation, d’émancipation, un langage qui ose tout, même le plus radical, pour faire entendre la parole des oubliés.

Dans une époque où les formes d’engagement évoluent, Édouard Louis propose une écriture qui mêle lyrique et combat, intimisme et révolte, dans une perspective toujours contemporaine. La littérature doit dépasser ses murs : elle doit faire trembler, faire réfléchir, faire agir.

Ce manifeste est une invitation à toutes celles et tous ceux qui pensent que l’art peut encore bouleverser notre rapport au réel, que la fiction n’est pas seulement décor, mais un espace de redressement moral, social et politique. La plume d’Édouard Louis y devient une voix essentielle, forte, lyrique, révolutionnaire.

J’ai apprécié aussi le pas de côté pour parler de « l’admiration » sentiment qui m’intéresse particulièrement comme moteur pour avancer.

J’admire Édouard Louis.